Paper plane

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A paper plane resting on a high shelf

Longs for nothing else but to fly,

To feel the wind under its wings

And let the sun light the path to follow.

It knows it must avoid the rain

And that it may not reach the moon,

It has long studied the famed story

Of Daedalus the old and Icarus the bold,

Ready to never make the same mistake.

Soon, with a gentle hand to give a lift,

With a gentle mouth to blow away the dust

It may dive in the sky, who knows?

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Incomplete and flawed, yet whole.

B

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J’ai envie de partir ou de m’envoler loin,

De me laisser mourir avec le plus grand soin;

J’ai besoin de sortir, de m’aérer la tête,

Car à force d’en rire j’en ai le coeur en fête…

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Si belles sont les berges du lac de raison :

Le calme plat de l’eau et le chant des poissons

Se mélange au grand arbre et tiges de roseaux

Que le soleil aspire et mange de ses rais.

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Quiconque en fait le tour – qu’importe la saison –

D’un bon pas soutenu ne peut que faire moisson

Du cris blanc de la vie qui tisse son réseau;

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Quand tout ce qui est dit teinte d’un bleu de vrai

Le feu qui nous emplit, et consumme le souffle,

Alors peut-être là l’organe se boursouffle.

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Hommage à une expérience du peu commun, ou de la difficulté des alexandrins.

Tempus fugit…

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La nuit, quand tout est calme,

Que la ville endormie laisse luire les étoiles,

J’entends battre mon coeur.

Longtemps j’ai oublié

Rien que pour oublier

Et faire taire ses choeurs.

Quelqu’inspiration me venant tout a coup

Rompt le rythme de mes pensées

Absorbant le poison de la vie,

Damné et condamné, je me sais mourrant,

Mais seules les années

Et moi sommes au courant.

Vite, je rejoins le fleuve qui me colle à la peau,

Vive l’eau qui m’emporte en m’oubliant,

Exfoliant les impurs dépôts;

Il bat, il vient, il va si bien,

Résonnant le profond heurtoir

Aux tympans de mon âme.

Dos à la Terre et face à moi-même

Je contemple l’univers à travers le chat de l’aiguille

Et c’est au fil des raisons

Que je me refuse à agir,

Car quoi de mieux que ce que l’on sème

Pour récolter la moisson ?

Enfin quand dans ce rêve fiévreux

Je touche les blés d’or

D’Elysée l’enchanteresse,

Ma mémoire m’échappe

Et quelqu’espoirs que n’ai-je fondent

A la chaleur retrouvée…

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Si je ne sais que penser, alors comment puis-je être ?

dog

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Yesterday in the morn

Before the sun was born

I saw the world of dog.

My mother used to say

It was white, black and grey,

And nothing for a sprog.

I know better now, though,

For never before this

Had I felt high and low

Or such colourful bliss.

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Yesterday in the morn

Before the sun was born

I saw the world of dog.

My mother used to say

It was white, black and grey,

And nothing for a sprog.

I know better now, though,

For always after this

I must feel that I grow

And both forever miss.

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Am I the child within me?

Unknown

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A name is but a name

Until it rolls on the tongue

As day and night roll in the sky;

A game is but a game

Yet still tolls the bell that wrung

What play and wright attempt to imply.

Rince my face as I float around

And the bubble of my past upon my heart.

Pop goes it, washing away the care

Flowing in weariness of travels far in time,

Too far for such small arms

To reach and grab around.

What have my dreams come to?

What am I to become?

May I still become yet?

Is the world ready to see me now

Or must I wait until sickness breathes it away?

The fabric has been worn to the bone

And so have I, I feel,

Despite the endless call of the sea

Still resonating far within.

Sometimes I can sense under my skin

The timeless threads pulling, giving,

Sails setting under a sun young still,

And other moments the flowers

Of Spring not yet withered

Beginning to falter under the summer breeze.

Must Autumn take this Fall?

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As above so below,

As within so without.

La Rose

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Loin de son noble amant parti pour d’autres étoiles

La belle et fière rose préserve en son bocal

Un palais de lumière où filtre son parfum,

Ses beaux et fiers pétales mirent le firmament

Et proposent au vide bien tendres métamorphoses.

Elle n’est pas coutumière de contempler la faim,

Pourtant là est le terme dont elle n’a plus le goût –

Il quitte la terre ferme sans le moindre dégoût

Suivant le séraphin vers ses amours premières;

Et si l’âme est avide quand l’eau va à la toile

Voilà que l’univers attend avec patience

La rose sous son verre et l’heure de son essence.

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Il paraît, dit-on, qu’il y en a neuf. Voilà la dernière.

Instant – VI

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Depuis un cadre de chêne

Où trône son portrait,

Taillé, poli, et sans écharde,

Sous une dorure de plomb,

Les couleurs l’enchaînent

Prévenant tout retrait,

Et son regard vous darde

En cet innénarable surplomb.

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Instant – V

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Il touche mais ne goûte à la terre

Sous bien des siècles noyé,

Le marbre froid qui l’enserre

Est depuis toujours son foyer;

Lui, si loin de sa terre natale,

Arbhorre à jamais ce sourire

Car si blessure n’est pas fatale

Jamais ne se verra guérir.

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Instant – IV

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Dans une pièce vide

Sans fenêtre ni cloison

Depuis longtemps réside

Le prisonnier de foison,

Si ce n’est dans l’espace

C’est tout au moins du temps

Que son coeur se déplace

A mesure qu’il attend.

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