Comme une bamba triste

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Un peu comme une bamba triste

Ou un puzzle à mille pièces

Dont il manquerait la dernière,

Comme au milieu de foules en liesse

Mais isolés d’une manière,

Ou juste après l’ultime piste

De votre disque préféré,

Un peu comme tombe la nuit

Ou se lève l’astre qui luit

Car pour les esprits éthérés

Souvent pleins de mélancolie

Il n’y a pas d’achappatoire

A cette mère évocatoire

De tous nos rêves et nos folies,

Un peu comme le doux amère

Sourire de l’homme damné

Qui, lorsqu’il se sait condamné,

Se rêve encor libre comme l’air,

Un peu comme cette chanson

Sous ses airs de lente balade

Vient adoucir chez le garçon

Les sombres maux d’un coeur malade,

Comme une douce comédie

Dont la grande harmonie tragique

N’est belle qu’au yeux du public

Qui voit de loin le coeur maudit,

Comme, enfin, cette vieille reine

Qu’est la Vie parmis les mortels,

Elle, de la Mort, soeur jumelle,

Celle qui cause tant de peines,

Comme un regret qui prend au tripes

Et qui fait de nous ses pantins

Lorsqu’à nos rêves enfantins

On repense encor, on s’agrippe…

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A clear stream of water runs

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A stream of water runs among

The jagged stones of the mountain

Clear and cold as the first white snow

Down to the valley of roses

And if you were to run along

Towards this eternal fountain,

Perhaps bask in its soft, fresh flow,

Feel the power it imposes,

Then, whether you be young or old,

And whether you be friend or foe,

Where are welcome those who dare climb,

In this heaven under the clouds,

Feel an invisible hand mold

With a finger steady and slow

The ifs into your space and time

And lift the heavy, opaque shrouds…

.


This is yesterday’s poem which I did not have the time/energy/opportunity to post earlier, so, here it is. Enjoy!

Ombre & Plumes – 13 – Le mariage


D’ombre et de plumes

13

Le mariage


La procession avançait lentement au milieu de la foule nombreuse. Des gardes délimitaient un passage de chaque côté, maintenant le public à une certaine distance du convoi. La princesse était installée sur un carrosse en bois ouvert tiré par deux étalons noir et pouvait ainsi saluer le peuple de la cité en passant. Le roi et la reine eux se trouvaient un peu en avant et avançaient eux aussi à cheval. De nombreux nobles suivaient leur exemple entre eux et la princesse et derrière le carrosse de la jeune femme, soit à cheval soit à pied. Venaient ensuite à la fin du cortège les prêtres d’Eneleïa, chargés de transporter le coffre renfermant les joyaux de la couronne. En théorie ce devait être le cas, en pratique seuls deux diadèmes se trouvaient dans le coffre, un pour la princesse et l’autre pour son époux. Les deux diadèmes étaient quasiment identiques, forgés en ivoire blanc ils possédaient chacun une gemme en leur centre l’une une émeraude pour le prince et l’autre un saphir pour la princesse. Six prêtres étaient présent à l’arrière de la procession, chacun représentait l’un des six temples de la ville, ils formaient le conseil religieux d’Eneleïa, composé uniquement des hauts prêtres de chaque temple. Chacun était vêtu d’un habit cérémonial respectif à l’ordre auquel il appartenait. Quatre d’entre eux portaient le coffre en fer forgé, les deux autres menaient la marche avec un brûleur d’encens, qui expulsait une légère traînée de fumée derrière eux, et un rameau d’olivier sacré afin de bénir l’union des deux jeunes gens. Des pétales de fleurs tombaient de tous côtés, jetés par les passants en l’honneur de la princesse et de son mariage.
Thrista se trouvait derrière le carrosse de Siléna un peu en retrait, il marchait à côté du garde du corps blond. Todd, qui avait tout d’abord décidé de suivre Hannah et de rester le plus proche possible de la princesse, avait rapidement abandonné l’idée devant l’absence de réaction de sa partenaire lorsqu’il avait tenté d’entamer une conversation.
« Elle ne se rend pas compte à quel point elle est frustrante à vouloir trop bien faire…, se plaignait-il en soupirant à un Thrista amusé. Au moins le courant passe plutôt bien avec la princesse… Encore heureux… »

La veille ils avaient passé le reste de l’après midi en compagnie de la princesse alors que celle-ci parcourait le palais afin de veiller au bon déroulement des derniers préparatifs. Thristé ne s’était retiré que lorsque la nuit était tombée, après avoir salué le roi et la reine une nouvelle fois, et était rentré afin de se reposer pour la journée à venir. En effet, il devait se réveiller suffisamment tôt pour se rendre au palais sans être importuné par la foule de visiteurs qui se masserait devant afin de retrouver la princesse avant la procession. Il s’était revêtu de ses plus beaux habits pour l’occasion, à la surprise de Siléna visiblement puisque celle-ci ne sembla pas le reconnaître immédiatement. Il avait ensuite suivit celle-ci ainsi que Hannah et Todd jusqu’à l’entrée du palais d’où devait commencer le trajet jusqu’à la cathédrale.

Le convoi arriva par l’entrée sud de la grande place. Celle-ci était bondée, les citoyens de la ville comme les touristes s’étaient regroupés autour du centre de la place où se trouvait un piédestal de plusieurs dizaines de mètres carrés qui était surélevé d’un bon mètre cinquante par rapport à la place. C’est habituellement là que se plaçaient les commerçants les plus influant de la ville lors du marché, aujourd’hui cependant cet espace était totalement recouvert d’une foule compacte qui attendait patiemment l’arrivée du convoi. Au centre se trouvait une immense statue en bronze représentant les deux frères fondateurs de la ville. A son entrée la procession fut acclamée par des milliers de voix, la rumeur se propagea rapidement et bientôt toute la place retentit d’acclamations et de cris de joie à l’intention de la princesse qui était tout sourire en saluant la foule en retour. Le carrosse passa à côté du centre de la place et le contourna pour s’arrêter devant la grande arche à l’entrée du temple d’Esselia, la divinité du soleil. Toute la procession s’arrêta à son tour. Seuls les prêtres continuèrent d’avancer, passant parmi les nobles et les invités présents dans la procession qui s’étaient regroupés en deux rangs sur chacun des côtés, ils montèrent les marches du temple et disparurent à l’intérieur. Le roi et la reine descendirent de leurs montures et allèrent rejoindre leur fille, ils montèrent alors tous les marches du temple. Le roi Marco et sa fille disparurent à l’intérieur à la suite des prêtres tandis que la reine attendait dehors l’arrivée du prince en saluant la foule. Celui-ci arriva quelques secondes plus tard accompagné de son père, ils chevauchaient tous deux des chevaux blanc. Le prince était habillé de noir et de rouge et portait une longue cape sur le dos. Lorsqu’il passa devant Thrista et Todd, les deux jeunes hommes en profitèrent pour l’étudier de plus près. Il était de taille moyenne, brun, les cheveux mi-longs et bien coiffés, mais Thrista se doutait qu’il devait les avoir en bataille habituellement car il semblait faire extrêmement attention à ne pas les ébouriffer. Il avait une courte barbe, les sourcils légèrement plus foncés et en bataille ainsi que les yeux d’un vert sombre. Ses traits étaient à la fois déterminés et jovial, il souriait chaleureusement à la foule en la saluant mais semblait un peu stressé. Son père au contraire restait droit et fier en saluant la foule, il ne regardait rien d’autre que devant lui à mesure qu’il avançait.

« Je comprends mieux à présent pourquoi elle n’a pas trop protesté…, glissa Thrista au blond avec un clin d’œil. »

Ce dernier répondit par un sourire.
« Plutôt charmant n’est-ce pas ?, acquiesça Todd avec un petit sourire en coin. »
L’ensemble de la procession repartit pour suivre le prince et son père à mesure qu’ils approchaient du temple. Ils descendirent de leurs montures et parcoururent les marches menant à l’entrée avant de s’arrêter au niveau de la reine et de s’incliner. Lena les salua à son tour puis ils firent un dernier signe au public avant de pénétrer dans l’imposant bâtiment de pierre taillée. Les membres de la procession firent alors de même et pénétrèrent dans le temple, ils furent suivis par de nombreux citoyens et visiteurs qui se trouvaient sur la place. Tous ne purent rentrer mais plusieurs centaines de personnes se trouvaient déjà dans le bâtiment lorsque Todd et Thrista aperçurent de nouveau Hannah. Ils s’étaient placés sur la droite, un peu en retrait, de l’autel en l’honneur de la déesse où la cérémonie allait réellement avoir lieu. Le prince se tenait debout à côté de la reine Lena et en face de son père. Les six prêtres étaient debout devant l’autel, l’un d’entre eux se tenait  en avant et semblait être celui en charge de la cérémonie. Thrista observait chacun d’entre eux tour à tour lorsque l’un d’eux se tourna discrètement vers lui. Le jeune homme reconnu Zani, le Maître Ancien du temple de Sha’ana. Celui-ci lui fit un clin d’œil rapide avant de se tourner de nouveau vers la salle. Thrista repensa aux mots du vieil homme la veille. Evidemment ! Il n’était pas juste l’un des trois Maîtres Anciens du temple mais le Haut Prêtre de Sha’ana…  Thrista sourit à cette pensée. Il ne s’en serait pas douté, le vieil homme ne se comportait pas du tout comme les autres prêtres qu’il avait pu croiser. Il regarda autour de lui et aperçut soudain la jeune femme brune qui s’approchait discrètement de l’autel du côté opposé. Elle l’aperçut mais ne lui fit aucun signe et se tourna simplement vers l’entrée.
« La cérémonie va bientôt commencer je crois, annonça alors Todd en faisant un signe de tête vers la jeune femme qu’il avait également aperçu.
– Oui, la princesse de devrait plus tarder maintenant, acquiesça Thrista. »

Le brouhaha qui s’était installé dans l’immense espace de la salle du temple se dissipa peu à peu pour laisser place au silence. Plus un bruit ne vint perturber ce silence pendant de longues secondes jusqu’à ce que les cloches de la ville sonnent annonçant maxima. Des trompettes se firent alors entendre, le prince se redressa. Tous se levèrent dans la salle et se tournèrent vers l’entrée du temple. Siléna se tenait debout au bras de son père, souriante. Les trompettes raisonnèrent de nouveau et cette fois des cœurs se firent entendre de chaque côtés de chaque côté des immenses colonnes qui bordaient la salle. La princesse et le roi avancèrent lentement le long des rangs, à mesure qu’ils se rapprochaient de l’autel les sujets présents dans la salle saluaient leurs souverains. Ils s’arrêtèrent uniquement une fois arrivé en face du jeune prince. Marco lâcha la main de sa fille avec un sourire et alla se placer à côté de Stanis Junon. Siléna et Thédric se tournèrent alors vers le haut prêtre qui se trouvait en face d’eux. Ce dernier les observa un instant, demandant silencieusement s’ils étaient prêts, ils hochèrent imperceptiblement la tête et il s’avança vers eux un grand livre à la main.
« Mes Seigneurs, mes Dames. Nous sommes aujourd’hui réunis dans la maison d’Esselia pour célébrer l’union de deux jeunes gens. Notre bien aimée héritière, la princesse Siléna Daastan va aujourd’hui épouser l’estimé Thédric Junon, dernier fils de la noble maison des Junons. C’est pour nous tous une grande fierté que de voir ces deux familles s’unir dans notre belle cité et c’est sous l’auspice favorable de la déesse que nous allons célébrer cette union. »

Il ouvrit alors l’imposant tome et commença à réciter une prière en ancien langage. C’était un long éloge à la déesse Esselia, divinité du soleil et bienfaitrice de cette cité qui jadis avait donné aux fondateurs de la cité la larme de lumière. Selon la légende cette larme avait coulé de la joue même de la déesse lorsqu’elle avait assisté impuissante à l’exécution de son fils. Cette larme avait été gardée par Esselia et donnée en signe de bénédiction à l’aube des temps. Perdue pendant un temps elle fut retrouvée par le père des fondateurs de la cité et serait soit disant gardée en lieu sûr depuis ce jour, attendant patiemment le moment de sa libération. Car la légende ajoute qu’elle ne sera libérée que par le cœur le plus bon et le plus courageux lorsque tout semblera perdu et que l’espoir aura quitté ce monde. A mesure que le prêtre récitait ces lignes, les autres les chantaient en cœur et elles étaient reprises en canon par les chœurs sur les côtés. Lorsqu’il arriva enfin à la fin et qu’il se tut seul la respiration des centaines de personnes présentes dans la salle pouvait être entendue. Il fit alors signe au prêtre qui se trouvait le plus à droite, ce dernier approcha avec le brûleur à encens. Le premier prêtre posa le livre sur l’autel et le second se plaça devant les futurs mariés. Il entama un chant tout en balançant lentement le brûleur de droite à gauche, il fit alors le tour du couple par la droite puis par la gauche et revint se placer devant eux. Le premier prêtre s’approcha de nouveau.
« Jurez vous de vous de rester fidèle à la promesse sacrée jusqu’à la fin, Thédric Junon fils de Stanis Junon ?, demanda-t-il alors en regardant le jeune homme dans les yeux.
– Oui, je le jure, répondit le jeune homme d’une voix assurée après un instant de silence. Thrista fut surpris par la voix grave du jeune homme lorsqu’il répondit. Le prêtre hocha simplement la tête et se tourna vers Siléna.
– Et vous, Siléna Daastan, fille de Marco Daastan et de Lena Daastan, jurez vous de rester fidèle à la promesse sacrée jusqu’à la fin ?
– Oui, je le jure, répondit la jeune femme quasi-immédiatement. »

Le premier prêtre hocha de nouveau la tête. Thrista aurait juré qu’à ce moment la pièce s’était éclaircie. Le prêtre au brûleur se retira et reprit sa place. Un troisième prêtre s’approcha alors avec un calice en bronze rempli d’un mélange d’eau et d’huile. Le premier fit signe au roi et à la reine ainsi qu’au seigneur Junon de s’approcher.
« Que la bénédiction de vos aînés et de leurs ancêtres scelle cette promesse, ajouta-t-il alors. »

Chacun leur tour le roi, la reine et Stanis Junon tempèrent leur pouce dans le calice et marquèrent la princesse et le futur prince. Puis, les prenant par la tête, ils les embrassèrent sur le front en signe de bénédiction. Le troisième prêtre se retira alors également, laissant cette fois-ci la place à Zani. Ce dernier s’avança avec une longue bande de tissus blanc. Il prit les mains des jeunes gens et tendit celle du prince en avant, paume vers le bas puis, posant celle de la princesse par-dessus, il les enroula délicatement dans le tissus. Il se recula ensuite légèrement avant de parler d’une voix forte pour que tous entendent.
« Cette étoffe symbolise le lien unique et sacré qui vous unit à présent devant les dieux. C’est un lien fragile et précieux, il sera de votre devoir de le préserver et de le renforcer pour le faire devenir indestructible et éternel. »

Zani s’inclina alors respectueusement devant les futurs mariés avant de reprendre sa place sa place. Ce fût enfin au tour des deux derniers prêtres de s’avancer, ils portaient tous deux le lourd coffre en bois d’ébène recouvert de feuilles d’or. Ils le posèrent devant le couple et se reculèrent à l’instar de Zani quelques secondes plus tôt. Le haut prêtre en charge de la cérémonie s’avança vers le coffre et l’ouvrit. Il en sortit une première couronne en ivoire qu’il déposa délicatement sur un coussin bleu marine que lui présentait l’un des deux prêtres porteurs du coffre. Il sortit ensuite une seconde couronne qu’il déposa sur un second coussin tenu par le second prêtre. Refermant le coffre il s’approcha du prince et de la princesse. Il se tourna vers la couronne au saphir et la prit entre quatre doigts, il la déposa délicatement sur la tête de la jeune femme blonde. Il fit de même avec la seconde couronne pour le jeune homme brun.
« Vous êtes les héritiers de la volonté d’Esselia. Vous devrez vivre par ses principes et faire en sorte que chaque âme de ce royaume puisse en faire de même, telle est votre mission en tant que souverains. Il marqua une courte pause pendant laquelle il observa l’audience. A présent, de part les pouvoirs qui me sont conférés par le conseil des six hauts prêtres, et selon la volonté des dieux : dans le sanctuaire sacré qu’est la maison d’Esselia, je vous proclame mari et femme !, acheva-t-il en plaçant sa main au dessus de celles des deux jeunes gens. »

Pendant plusieurs longues secondes il ne se passa rien. Puis une lumière aveuglante envahit le temple, illuminant chaque recoin, faisant entièrement disparaître l’ombre du monde l’espace d’un instant. Lorsqu’elle se dissipa le tissus avait disparu et aux doigts des héritiers on pouvait apercevoir deux bagues d’or, d’argent et de bronze forgés ensembles. Thrista observa ces dernières un moment. De là ou il se trouvait il ne pouvait pas voir tous les détails mais il devinait une excellente finition, une union parfaite de ces trois métaux en un seul anneau. Il aperçut brièvement Hannah en train de ranger sa dague et de se redresser lorsque le blond lui donna un coup de coude pour attirer son attention.
« Je ne sais pas ce qu’il s’est passé mais en tout cas Hannah était prête à agir…, soupira ce dernier en chuchotant. »

Le prêtre alors les mains des mariés dans les siennes et les leva de nouveau bien haut.
« La déesse à béni cette union sacrée. Vive les héritiers, vive les mariés !, s’exclama-t-il. »

Toute l’assistance reprit alors ces mots en cœur en se levant et en applaudissant joyeusement. Les nouveaux mariés et leurs parents se dirigèrent lentement vers l’extérieur du temple, suivis de près par Hannah, Thrista et Todd ainsi que les prêtres et toutes les personnes venues assister à la cérémonie. Lorsqu’ils furent enfin à l’extérieur Siléna et Thédric saluèrent le peuple de la cité qui attendait impatiemment la fin de la cérémonie. Celui-ci n’attendait que cela pour démarrer les festivités et c’est dans une explosion de cris, de sifflements de joie et de nuages de couleur que la célébration du mariage débuta.

—–

Des musiciens, des danseurs, des jongleurs, des cracheurs de feu, des funambules et une myriade d’autres artistes paradaient dans les rues aux côtés des chars que les habitants avaient passé les semaines précédentes à construire, produisant ainsi un festival de son, de couleurs et d’odeurs. Chacun chantait ou dansait, courrait ou riait en voyant passer le défilé en l’honneur des mariés. De gigantesques chevaux, oiseaux, lions et dragons avançaient lentement le long de rues de la ville en crachant des flammes ou battant des ailes. Tous se rejoignaient ensuite sur la grande place et en faisaient le tour en passant devant le jeune couple royal avant de disparaître à nouveau dans les rues de la ville. Du ciel la ville ressemblait à présent à une fourmilière géante qui se serait réveillée de son hibernation. La cérémonie du mariage en elle-même n’avait pas duré plus d’une heure et demi mais à présent venait la grande parade. C’était un rituel et une tradition pour tout mariage royal dans la cité portuaire, la ville organisait un immense défilé de chars et les souverains se devaient d’y participer. Le roi Marco et la reine Lena, accompagnés du seigneur Junon avaient déjà embarqué sur le leur, c’était un char en forme de grand étalon noir. Mais tout le monde attendait impatiemment que le jeune couple donne le départ de la parade en embarquant sur leur char. Lorsqu’un hippogriffe de bois géant coloré de rouge et d’or apparu sur la place la jeune femme blonde se leva et avec l’aide du prince elle embarqua dessus suivie de près par sa garde du corps et de Thrista et Todd. Le couple s’installa sur les deux trônes sur la tête de l’animal, saluant le peuple d’Eneleïa alors que le char démarrait, tandis que Thrista et les deux gardes du corps se tenaient debout un peu en retrait. L’hippogriffe fut accueilli par de nombreux cris de joie lorsqu’il arriva à l’entrée est de la place, Siléna et Thédric se levèrent et saluèrent la foule à mesure qu’ils s’enfonçaient sur la grande avenue. L’étalon noir venait ensuite avec à son bord les deux souverains souriant, puis venait un lion, un gigantesque goéland, un éléphant, un renard et un dragon. Sur chacun d’entre eux se trouvaient des gens, que ce soient des nobles de la cour, de riche marchands ou de simple citoyens de la ville, tous participaient à ce défilé et suivaient les deux chars royaux. En se retournant Thrista pu apercevoir deux des capitaines des vaisseaux Galaediens sur le goéland, il cru aussi reconnaître la femme rousse en grande discussion avec le propriétaire de l’immense renard qui n’était autre que le ministre Horace Vilnius.
Le défilé s’étendait sur plusieurs kilomètres, des dizaines de chars s’étaient à présent joints à celui de la princesse et de son époux à mesure qu’ils parcouraient les rues de la ville. Certains étaient tirés par des bêtes, d’autres poussés par des gens, certains mêmes avançaient grâce à de la magie. Thrista pouvait ressentir la puissance qui émanait du bois et qui l’animait en se concentrant un peu. La file immense parcourait ainsi toutes les grandes avenues de la ville pour annoncer au peuple la bonne nouvelle et marquer le début officiel des festivités qui allaient durer quasiment trois jours. Les chars passèrent successivement par les quartiers est, là où étaient regroupés de nombreux marchands, par les quartiers nord, où se trouvaient les casernes militaires et deux des trois hôpitaux de la ville. Puis enfin par le quartier ouest, quartier d’habitations, où Thrista pu apercevoir l’auberge de Carmen, avant de rejoindre les quartiers en passant par les immenses docks du port alors que le soleil commençait à disparaître à l’horizon. Lorsque l’hippogriffe géant revint enfin à son point de départ le soleil avait déjà à moitié disparu et le ciel s’était assombri, l’après midi était terminé. Le couple descendit et partit en direction du palais après avoir salué la foule une dernière fois, accompagné du roi et de la reine, pour finir les préparations du repas et du bal organisés le soir même. Le seigneur Junon lui repartit de son côté pour régler une affaire urgente d’après ce que Thrista pu comprendre en le voyant s’excuser auprès du couple royal. Il descendit du char avec Todd et Hannah à la suite de Siléna et du prince Thédric et les suivit jusqu’au palais avant de s’excuser à son tour. Le jeune homme ne souhaitais pas attendre au palais l’ouverture du banquet et préféra plutôt aller se promener sur les quais du port en attendant la tombée de la nuit. Il fut rejoint par le jeune homme blond qui avait laissé le soin de protéger la princesse à sa partenaire.
« Je n’en peux plus d’être confiné à devoir suivre la princesse en permanence, non pas que je ne l’apprécie pas, elle est très sympathique, mais le métier de garde du corps n’est pas fait pour moi…, expliqua-t-il à Thrista lorsque celui-ci s’étonna de voir le blond le suivre. Il est temps que ça soit fini, deux semaines c’est bien suffisant à mon goût… »

Todd soupira ce qui fit rire Thrista.
« Je te comprends, je ne pourrais pas faire ça je pense, je tiens trop à ma liberté…, commenta le jeune homme brun alors qu’ils marchaient le long de l’un des docks de chargement des marchandises en partance pour les autres continents.
– J’ai été fou d’accepter ça…, ajouta Todd. »

Les deux jeunes hommes saluèrent alors des marins qui passaient dans le sens opposé au leur.

« Mais bon, il faut bien se nourrir…
– Dis-toi que c’est bientôt fini, le taquina Thrista avec un sourire moqueur. »

Le blond eut un petit soupir amusé mais ne répondit pas à la provocation. Ils passèrent non loin des vaisseaux de la Trinité qui étaient stationnés dans une partie réservée et inaccessible au public du port et remontèrent en direction du palais par une route parallèle à la grande avenue sud. Les étoiles étaient déjà bien visibles dans le ciel, la constellation d’Ystos était étonnamment claire pour une journée de printemps remarqua le jeune homme brun. Elle n’apparaissait en général que lors des plus douces nuits d’été.
« Que comptes-tu faire ensuite ?, demanda soudain Todd alors qu’ils passaient devant le dernier entrepôt marquant la fin de la zone portuaire et le début du vrai quartier sud de la ville.
– Après ce soir ?, demanda Thrista. »

Le blond hocha la tête en signe d’approbation.

« Eh bien je ne sais pas trop encore, je ne compte pas rester très longtemps, deux ou trois jours tout au plus, le temps des festivités, ensuite je pense repartir, voyager vers l’ouest ou le sud, c’est à voir. J’ai encore beaucoup d’endroits à découvrir et de mages à rencontrer pour m’entraîner avant le tournoi, répondit-il. »

Todd hocha de nouveau la tête, l’air pensif.
« Cela fait longtemps que tu voyages ?, demanda-t-il. »

Thrista regarda le ciel un instant avant de répondre.
« Oui, pratiquement deux ans maintenant, répondit-il sans quitter le ciel des yeux. »

Il n’avait plus pensé à Asselia et à la ferme depuis un long moment. Soudain l’image de son père le jour où il était parti lui revint, il l’avait laissé partir sans même un regard derrière lui. Ces souvenirs en rappelaient d’autres plus ancien encore et plus douloureux aussi, des souvenirs qu’il aurait préféré oublier mais qu’il ne pouvait se résoudre à laisser tomber dans l’oubli. Le jeune homme ne put se départir d’une certaine mélancolie durant tout le trajet depuis le port jusqu’au palais, et si le blond remarqua quoi que ce soit il ne posa pas de question, au grand soulagement de Thrista. Il appréciait Todd mais ne se sentait pas du tout apte à répondre à des questions trop personnelles. Ils marchèrent ainsi, discutant de leurs projets, des grandes nouvelles qui circulaient dans le royaume et qui venaient de toute l’alliance. Lorsqu’ils atteignirent enfin le palais ils comparaient les caractères similaires de la princesse et de Hannah à coups de petites moqueries et d’anecdotes dont-ils gardaient tous deux de mauvais souvenirs. Ils montèrent les marches du palais et à mesure qu’ils se rapprochaient de la grande salle ils pouvaient entendre la clameur et le son de la musique qui émanaient de l’intérieur.


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O 3

.

You are strange

You are foreign

Out of range

Out of my reign

I admire

You from afar

I desire

That which you are

This sweet fire

May indeed char

On the pyre

Under the star

My lone soul

My open heart

Of a fool

I play the part

But is he

Not in this life

Incompris

Far from all strife

.

Et si le temps tourne à l’orage

.

Elle est ici même quand elle n’est pas là,

Dans mon coeur à défaut de mes bras,

Et si le temps tourne à l’orage,

Si tout cela n’est qu’un mirage,

Je n’en ai cure, oui je m’en fous !

J’aurai beau être traité de fou,

Elle est si pure et je veux être à ses côtés,

Que ce soit un merveilleux rêve

Ou bien dans la dure réalité.

Je ne désire pas de trêve

J’ai suffisamment perdu, assez donné,

Laissez-moi mélancolique

Me replonger dans ces sentiments

Pour mille et une années.

Je ne suis peut-être qu’un alcolique,

Qu’un pauvre fou, un dément,

Mais je ne veux rendre au cosmos

La graine qu’il a semé en mon coeur,

Et si je dois être le colosse

Aux pieds d’argiles, pas de rancoeur…

J’aurai vécu cette douce tempête

Et ton souvenir, même au fil des siècles

Tournera en mon coeur, en un joyeux cercle,

Et me restera toujours ainsi en tête.

.


Libéré, délivré des contraintes, l’anarchie est le prix de ma liberté !

Ouais, un poème plutôt libre pour le coup.

Moi je me suis bien amusé, à vous de juger…

Cosmos

.

In the silence of space

No one can hear you scream,

You are alone to face

Your nightmare, as your dream,

In this empty vastness

Full of lights and darkness

Hide many a wonder

You would not imagine,

In this wide, black yonder

What if you met a Djinn?

Lost ship far from the shore

I hope you can still race

Against the unbound stream.

If you cannot, pray! For,

In the deadness of space,

No one can hear you scream…

.

A dream of dreams

.

When I was a child I dreamed

Of fortified castles and dragons,

Of spaceships and being beamed,

Of a train with a thousand wagons,

So long until I was content,

I dreamt of great battles and excitement,

To be the one who would invent

The colours of the rainbow,

Of free time and enchantment,

I dreamed of hate, I dreamt of love,

Of a ship made of stone and me at its bow,

Of an ancient magical glove

That could take me into the stars,

I dreamed of incredible robot cars,

Of flying like a bird high in the sky,

I saw monsters so frightening

From which I was running as fast as lightning

Not knowing if I would wake up to cry,

When I was a child I dreamt

Of princesses and lost cities,

Of candy in great quantities,

But now it is over; I am contempt.

.


A small simple poem inspired by this song.

Un petit poème simple inspiré par cette chanson.

Vessel in the sky

.

High in the sky sails a ship made of  stone,

Over the clouds and the storm, on calm seas

Of blue wonder; were one to soar up there

By pure force of will or simply by chance

And listen carefully in the silence,

They would feel in the ripples of the air

Charming music and voices in the breeze

And nevermore know the meaning of lone.

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Ombre & Plumes – 12 – Essayage royal

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D’ombre et de plumes

12

Essayage royal


Alors qu’il arrivait près de la jeune femme blonde et de l’homme aux cheveux blanc Thrista salua discrètement Todd et Hannah de la tête. Cette dernière lui lança un bref regard mais Thrista décela la noirceur qui s’y cachait encore. Il ne l’aurait pas avoué si on lui avait posé la question mais il réalisait qu’il prenait un certain plaisir à énerver la jeune femme brune. Il n’y avait aucune raison particulière à cela sinon qu’il trouvait cela étrangement satisfaisant de tester les limites de sa patience. Il s’arrêta à quelques pas de la princesse, sur la gauche de l’homme et attendit qu’elle le salue avant de la saluer à son tour. Siléna et son interlocuteur se retournèrent tous deux vers Thrista presque immédiatement.

« Ah Thrista ! Je suis contente de te voir !, s’exclama la princesse, gratifiant le jeune homme d’un léger hochement de tête auquel ce dernier répondit en s’inclinant.

– Moi de même chère princesse, répondit le jeune homme.

– Je ne crois pas que tu connaisse messire De Guidre, il est capitaine de l’un des trois vaisseaux de l’armada Galadéenne. »

L’homme aux cheveux blanc s’inclina alors à son tour et tendit une main que Thrista serra.

« Messire De Guidre, j’ai l’honneur de vous présenter Thrista Daener. C’est l’un de mes plus ancien et fidèle ami. Il est aussi le fils d’Ellias Daener, l’un des plus illustres gardiens du royaume. »

Thrista sourit légèrement, il était reconnaissant envers la princesse de le présenter ainsi. Il n’aimait pas se vanter de ses origines mais dès qu’il donnait son nom on voulait savoir s’il avait un lien de parenté avec « le grand » Ellias Daener. Cela avait eu pour effet de le décourager de se présenter complètement, il préférait en général ne donner que son nom, surtout aux militaires car ceux-ci ressortaient alors des tréfonds de leur mémoire tous les détails qu’ils connaissaient de la vie de son père. La princesse avait su comment s’y prendre, le présenter comme son ami avant d’annoncer sa parenté avec Ellias Daener permettait d’atténuer grandement le nombre de questions, recentrant la conversation sur l’amitié du jeune homme et de Siléna plutôt que sur son lien de parenté avec son père. Au grand soulagement de Thrista le vieil homme sourit simplement à la mention de son père et ne posa pas de question.

« Ah oui ! Je le connaissais peu mais, bien que cela ne fasse pas toujours plaisir à entendre, je vois la ressemblance. Vous avez une présence très similaire, remarqua De Guidre ce qui fit sourire les deux jeunes gens.

– Oui, je m’entends souvent dire que je lui ressemble. Cela ne me déplait pas mais il est vrai que ce n’est pas toujours réjouissant. Et vous maître De Guidre êtes donc l’un des capitaines de la flotte de Galaeda ?

– Tout à fait, je suis le capitaine de l’Archéniss, le meilleur des trois vaisseaux de l’armada !, répondit l’homme aux cheveux blanc en rigolant.

– Je ne crois pas que le capitaine du Leïkan soit du même avis, rétorqua Thrista un sourire aux lèvres. »

Le vieil homme eut un petit sourire à cette remarque.

« Non, en effet, acquiesça-t-il. Vous avez donc pu rencontrer Irina ?

– Non, je n’ai pas eu l’honneur de la rencontrer directement, mais j’ai eu la chance de croiser son second lors de la traversée et d’après ce qu’il m’a dit j’en ai déduis qu’elle est très fière de son vaisseau.

– Ah, ce cher Jacob, il à la vie dure le pauvre ! Oui, Irina Evinsky est la première femme à être devenue capitaine de l’un des trois bateaux de la flotte, elle en est très fière. Mais elle a aussi de quoi, c’est une très bonne capitaine et navigatrice !, expliqua le capitaine de l’Archéniss souriant toujours.

– La première seulement ?, s’étonna Siléna. Aucune autre femme n’y était parvenue avant elle ? »

De Guidre se tourna vers la princesse.

– Non, malheureusement aucune avant elle n’avait réussi à obtenir ce poste. Mais le capitaine Evinsky a du caractère et elle a passé toutes les épreuves qui se dressaient devant elle avec brio. Elle fait une très bonne addition à notre flotte.

– Evidemment, une femme apporte toujours du positif !, avança Siléna avec ferveur. »

Le vieil homme rit de bon cœur et approuva la jeune princesse.

« Tout fait chère princesse, ou du moins sa présence nous empêche de dire le contraire, répondit-il avec un clin d’œil. »

Ce fut au tour de Thrista et de la princesse de sourire à cette remarque.

« Attention à ce que vous dites messire De Guidre, l’une d’entre elles pourrait vous entendre…, le mit en garde Siléna. »

Le capitaine rit à nouveau avant de s’excuser.

« Veuillez m’excuser à présent mais, malgré tout le plaisir que j’ai a discuter avec vous chère princesse, le devoir m’appelle et je me dois de retourner à mon navire pour surveiller l’avancement des préparatifs. Je vous souhaite tout le bonheur du monde, à votre famille et au peuple de cette magnifique cité. A une prochaine fois peut-être. »

Il s’inclina devant la princesse puis devant Thrista.

« Et vous jeune homme bonne chance, même si le chemin n’est pas de tout repos il faut continuer à aller de l’avant. Passez le bonjour à votre père de ma part lorsque vous le verrez. »

La princesse le salua de la tête et le jeune homme s’inclina légèrement à son tour avant que le vieux capitaine ne fasse demi tour et se retire.

« Au revoir messire De Guidre, au plaisir de vous revoir !, s’exclama Siléna alors que l’homme s’éloignait. Elle se tourna ensuite vers Thrista. Tu n’imagine même pas le nombre de personnes ennuyeuses que j’ai dû saluer et auxquelles j’ai dû sourire et faire des courbettes ce matin…, soupira-t-elle.

– Tu n’avais pas l’air de t’ennuyer avec le capitaine De Guidre pourtant, la taquina Thrista. Mais heureusement que j’arrive alors, ajouta-t-il avec un sourire narquois.

– Ne te crois pas aussi intéressant que cela cher ami, tu vas prendre la grosse tête ! Mais je dois dire que ça fait du bien, la salle du trône était pleine à craquer au lever du jour. Je vais enfin pouvoir prendre une pause, la première de toute la matinée, et me reposer. Viens avec moi, marchons un peu, ajouta-t-elle avant d’entraîner Thrista à l’écart dans l’un des couloirs secondaires. »

Elle fit signe à ses deux gardes du corps avant de disparaître.

« Je leur indique qu’on sort, Père a menacé de me m’interdire toute sortie du château pour les dix prochaines années si je sortais encore sans être accompagnée avant le mariage…, expliqua la jeune femme devant le regard interrogateur de son ami. »

Ce dernier sourit à cette remarque en imaginant très bien le roi essayant de raisonner sa fille et devant en venir à des menaces pour se faire écouter.

« Je vois, dit-il simplement. Et où allons nous alors ?

– Me préparer pour mon mariage évidemment !, s’exclama la jeune femme. Mon futur époux est sûrement déjà en train de se préparer, il est temps que moi aussi je m’y mette. J’ai quelques derniers essayages à faire pour ma tenue.

-Très bien, je te suis alors, acquiesça Thrista. Mais, d’ailleurs, pourquoi n’était-il pas là ce matin, ton cher futur mari ?

– Mon cher Thrista, après tout ce temps passé à courir dans les couloirs du palais n’as-tu rien appris des traditions de Tébor ? Aujourd’hui est un hommage à l’héritière du royaume en honneur de son mariage, c’est-à-dire à moi. C’est seulement demain soir, après la cérémonie, que les hommages en l’honneur des mariés auront lieux. Et je vais encore devoir faire des courbettes à de nombreux hypocrites… Siléna soupira. Au moins je serais avec Thédric, ça devrait faciliter ces longues heures. Peut-être que je m’amuserais même un peu, qui sait ?, ajouta-t-elle avec ironie.

– C’est ton mariage Siléna, essaye d’en profiter, ça n’arrive qu’une seule fois. Enfin ça dépend pour qui…, dit Thrista. Et si ton prince est aussi charmant que cela il saura quoi faire. Sinon, je suis désolé de te le dire, mais c’est un imbécile…

– Eh !, s’exclama la princesse en donnant un coup de coude au jeune homme qui se mit à rire.

– Excusez-moi princesse…, répondit Thrista en s’inclinant jusqu’au niveau du sol. Cette réflexion était tout à fait inappropriée de ma part et j’en suis désolé. Mais c’est tellement drôle de te voir défendre ton âme sœur avec autant de passion !, ajouta-t-il avant de s’écarter précipitamment en riant lorsque que la jeune femme tenta de lui asséner un second coup.

– C’est ça ! Cours parce que si je t’attrape… !, alors que le jeune homme s’éloignait en parcourant le couloir à grandes enjambées.

– Si je puis me permettre, ce n’est pas digne d’une princesse de se comporter ainsi en public !, s’écria le brun alors qu’il disparaissait dans la cours intérieure du palais. »

Celle-ci était construite sur le modèle d’un cloître mais de taille bien plus grande et était ornées d’arbres, de statues et d’une fontaine en son centre, sur le même principe que les jardins. Le jeune homme avait juste eu le temps de voir le regard amusé de Todd, qui les suivait en retrait accompagné de son binôme, avant de se retrouver à l’extérieur. Lorsqu’il vit enfin arriver la princesse et ses deux gardes du corps il était assis sur le rebord de la fontaine et admirait la statue d’un des premiers rois de Tébor accompagné d’un oiseau de proie. La jeune femme blonde était rouge et lui lança un regard meurtrier qui signifiait sûrement « Tu ne paie rien pour attendre ! », mais qu’il préféra interpréter comme « On ne s’assoit pas sur le rebord de la fontaine ! ». Il se leva donc et alla rejoindre Siléna qui se dirigeait déjà vers l’autre côté de la cours.

« J’ai comme l’impression que j’ai provoqué le courroux de sa majesté…, chuchota Thrista au blond avec un sourire complice alors que celui-ci arrivait à son niveau. Pourtant je ne vois pas ce que j’ai bien pu faire… »

Celui-ci lui répondit par un haussement d’épaules et un petit sourire amusé avant de lui emboîter le pas à la suite de la princesse. Thrista croisa brièvement le regard plus sombre et désapprobateur d’Hannah à l’intention du blond et de lui-même et ne put s’empêcher de sourire, ce à quoi cette dernière soupira et détourna le regard. Le jeune homme rattrapa la princesse et marcha en silence à ses côté pendant un moment le long des immenses couloirs du palais avant de reprendre la conversation.

« Où allons-nous alors ?, demanda-t-il enfin en évitant de nouveau un coup de coude de la jeune femme. Mais je n’ai rien dit cette fois !, s’exclama-t-il.

– Mesures préventives, répondit simplement la blonde avec un sourire sarcastique. »

Elle s’arrêta devant une grande double porte pour répondre au jeune homme avant de les ouvrir d’un mouvement sec.

« Et pour ton information, nous allons dans les ateliers du palais, je dois aller me changer. Je te rappelle, au cas où tu l’aurais déjà oublié, cher ami, qu’aujourd’hui est le dernier jour de préparatifs avant mon mariage… »

Ils entrèrent dans une large salle où une dizaine de femmes s’affairaient autour de nombreux tissus et étoffes. Des coffrets de bijoux occupaient chaque centimètre carré restant des trois tables disposées dans la pièce. Seule une ou deux d’entre elles se retournèrent à l’entrée de la princesse et la saluèrent avant de se focaliser sur les étoffes à nouveau, ce qui ne sembla pas déranger cette dernière et ce qui n’étonna pas Thrista. Depuis le temps qu’elles la côtoyaient, les couturières avaient dû s’habituer à ses exigences familières en matière d’interactions, de gré ou de force.

« En parlant de mariage…, le jeune homme fouilla dans sa sacoche et en sortit une boite en bois rectangulaire, j’ai oublié de te donner ça tout à l’heure. »

La jeune femme le regarda un instant, la curiosité pouvant se lire dans son regard, puis pris la boite et la posa sur une petite table basse qui était dépourvue de tout objet.

« Merci, dit-elle avec un sourire avant de se diriger vers l’une des femmes se trouvant dans le fond de la pièce. Je le mets ton cadeau de côté, je l’ouvrirai plus tard si cela ne te dérange pas. On dit qu’il n’est pas bon de trop vouloir se précipiter dans ce genre d’événements. »

Elle lui tira la langue puis se tourna vers une femme âgée habillée d’une tunique pourpre.

« Madame Angelis, on m’a dit que vous aviez besoin de ma présence. Dites moi où vous en êtes. »

La femme se retourna et salua la princesse avant de la conduire vers l’une des trois tables se trouvant derrière elles.

« Mes hommages princesse. Votre robe est prête, il ne vous reste plus qu’à la porter pour que nous puissions faires les derniers ajustements nécessaires. »

Elle désigna une large pièce d’étoffe blanche et bleu marine reposant au centre de la table.

« Bien, allons-y alors, je préfèrerais que cela soit terminé au plus vite… Je n’aime pas les essayages…, répondit la princesse avant de se diriger vers un grand rideau beige dressé au centre de la pièce.

« Ma dame, ne voulez vous pas faire sortir ces jeunes gens d’abord ?, demanda la femme en désignant Thrista, Todd et Hannah.

– Non, ce sont mes gardes du corps personnels et un ami d’enfance, ils peuvent rester s’il ils le désirent. Je leur fais confiance pour qu’ils se tiennent correctement.

– Bien Ma Dame, elle s’inclina puis se tourna vers les autres femmes. Bien, nous avons peu de temps alors mettons nous au travail !, s’exclama-t-elle en frappant dans ses mains. »

Chacune des femmes présente connaissait son rôle parfaitement, pas une n’hésita avant de se mettre au travail, choisissant les étoffes et les bijoux nécessaires avant de disparaître derrière le rideau. Hannah alla se poster près de la porte d’entrée, s’appuyant contre le mur. Todd lui alla s’asseoir sur l’un des bancs en bordure de la pièce et Thrista vint le rejoindre. On pouvait entendre les courtières s’affairer derrière le rideau, la voix de la femme âgée donnant des ordres, prodiguant des conseils et s’informant des préférences de la jeune femme pour sa tenue.

« On dirait qu’elle me fait la tête, elle n’a même pas regardé mon cadeau plus de quelques secondes avant de le mettre de côté, dit-il après s’être assis sur la gauche du jeune homme blond. »

Celui-ci sourit à nouveau à cette réflexion.

« C’est le moins que l’on puisse dire. Mais cela ne devrait pas durer, elle à bien d’autre choses à penser en ce moment qu’une simple querelle avec un ami… Et puis, si je peux me permetre, au vu de son attitude depuis hier, je ne pense pas qu’elle t’en veuille beaucoup, elle te fais marcher.

– Je n’en suis pas si sûr, soupira Thrista. Même dans les pires situations elle sait se rappeler des choses les plus insignifiantes. Elle saura me le faire payer en temps voulu.

– Espérons que le futur prince saura la raisonner et tempérer son caractère…

– Il est vrai qu’elle a beaucoup changé depuis la dernière fois que je l’ai vue mais ça m’étonnerait… Enfin bon, je survivrai. Il faut juste que je trouve un moyen de me faire pardonner. »

Thrista lança un regard en direction du rideau, se rappelant les quatre cent coups que lui et la princesse avaient fait plusieurs années plus tôt, avant de reprendre la parole.

« D’après ce que j’ai cru comprendre ce Thédric Junon à l’air d’avoir un caractère plus calme et réfléchi que la princesse. Je n’ai pas grand espoir que cela la fasse changer radicalement mais qui sait… Peut-être qu’elle en oubliera mon affront de ce matin…, dit-il avec un petit rire amusé. En tout cas, Siléna à l’air de beaucoup l’apprécier. C’est plutôt bon signe.

– Vous vous connaissez depuis combien de temps ? Si je puis me permettre, demanda Todd.

– Je l’ai rencontrée pour la première fois alors que j’avais à peine sept ans. Mon père a été chargé de plusieurs missions pour le roi au cours des années et, lorsqu’il était parti en voyage, je séjournais ici, au palais. Ça a pris quelques temps mais nous sommes devenu de bons amis Siléna et moi. C’était elle la plus casse cou de nous deux, toujours à vouloir aller plus loin et elle refusait d’écouter qui que ce soit excepté elle-même. Cela fit sourire Todd. Elle est restée très indépendante très longtemps, toujours à s’éclipser du château et à mener la vie dure à ce pauvre Oscius. Même depuis tout à l’heure, depuis que je l’ai vue discuter avec Messire De Guidre, je ne peux m’empêcher de le remarquer. C’est subtil mais le changement est bien là. Bien sûr elle ne se laissera jamais dompter, la preuve avec son escapade d’hier qui, vu votre réaction, ne devait pas être tout à fait prévue ni organisée, mais j’ai l’impression qu’elle mesure plus le poids de ses actions. Je me demande si ça à un lien avec sa rencontre avec le futur prince…, ajouta Thrista, pensif.

– C’est possible, acquiesça Todd.Heureusement que j’ai l’habitude de faire avec les personnes têtues, chuchota-t-il en faisant un signe imperceptible de la tête vers sa coéquipière.

Le brun se contenta, pour toute réponse, d’afficher un sourire amusé hochant la tête. Todd et lui se mirent à rire silencieusement. Ils attirèrent les regards noirs de la Dame Angelis, par derrière le rideau, et d’Hannah, dont ils sentirent le froid dans leur dos.

« Et vous, comment en êtes vous arrivé à être gardes du corps de Siléna ?, demanda alors Thrista.

– Hannah et moi voyageons ensemble depuis un certain temps déjà. Pour découvrir le monde et nous entraîner à l’art de l’empirium. »

Thrista acquiesça.

« Oui, c’est bien ce que je pensais. J’ai senti son énergie magique quand Hannah m’a surpris dans les jardins du palais, dit-il.

– Oui. Excuse là pour ça, elle à tendance à prendre ses missions trop au sérieux…, répondit le blond en souriant l’air gêné.

– Aucun problème, elle ne faisait que ce qui lui était demandé. Thrista écarta l’incident d’un geste de la main. Et vous voyagez dans toute l’alliance ?, demanda-t-il.

«  Oui, nous parcourons l’Alliance à la recherche d’autres mages pour s’entraîner et de temps en temps nous offrons nos services en échange d’argent ou de nourriture.  Nous sommes arrivés en ville il y a trois semaines et nous avons appris que le roi cherchait des gardes du corps pour la princesse. Il a été convaincu lorsqu’on lui à montré ce qu’on pouvait faire.

– Il pensait sûrement qu’avec vous et vos capacités la princesse serait plus en sécurité.

– Sûrement oui. Nous sommes censé la protéger jusqu’à la fin de la semaine, après le mariage. Ensuite, eh bien, nous partirons sûrement vers le sud. Il y a quelqu’un à qui je dois aller rendre visite là bas.

– Et vous allez participer au prochain Tournoi ? Thrista vit Todd froncer imperceptiblement les sourcils à la mention du Tournoi des Sages mais ne releva pas.

– Je ne sais pas encore, commença le jeune homme blond. Hannah aimerait bien y aller, moi aussi, mais de là à y participer rien n’est décidé. Et puis, avec toi comme adversaire, ce ne sera pas simple…, ajouta-t-il alors que son sourire revint. »

Le brun sourit également à cette remarque.

« Oh je n’en suis pas encore là !, s’exclama-t-il. J’ai encore beaucoup de choses à apprendre. Mais j’espère vous y croiser tous les deux si j’y arrive moi-même. »

Todd hocha la tête.

« Alors je vais y réfléchir, répondit-il. »

Les deux jeunes hommes discutèrent pendant l’heure qui suivit, partageant leurs expériences de voyages et leurs impressions de la princesse. Thrista remarqua que la jeune femme blonde et la dénommée Hannah se ressemblaient sur plusieurs points. D’ailleurs, elle n’avait pas bougé depuis tout ce temps, remarqua-t-il en jetant un coup d’œil vers la jeune femme brune. Elle était toujours adossée au mur dans la même position, les yeux fermés. Quelqu’un de non initié à la magie aurait pu penser qu’elle se reposait ou même dormait mais Thrista remarqua qu’elle méditait, son esprit était replié sur lui-même et elle semblait ne pas être dérangée par les bruits provenant de la préparation de la princesse. Ni le bruit des outils de couture, ni les réflexions des femmes ou les jurons de la princesse ne semblaient la déconcentrer. Au bout de trois quarts d’heure de discussion vieille femme émergea enfin de derrière le rideau. Elle se dirigea vers Thrista et Todd et ces derniers relevèrent la tête.

« Je suis désolée messires, mais cette fois je vais devoir vous demander de bien vouloir sortir. La princesse doit essayer sa nouvelle robe et, comme le veut la tradition, personne autre que nous ne doit la voir avant la cérémonie. »

Todd se leva et se dirigea vers sa coéquipière mais Thrista s’adressa à la princesse.

« Es-tu sûre ?

– Certaine !, lui répondit la voix de la princesse depuis l’autre côté du rideau. »

Il sourit, sachant pertinemment que la princesse ne les congédiait que pour en finir avec les préparatifs, il s’inclina alors vers femme âgée.

« Dans ce cas Dame Angelis je me retire. Merci de nous avoir autorisés à rester. » Ce à quoi la femme le salua de la tête avant de se retourner et de se diriger vers le rideau. Il s’adressa ensuite de nouveau à la princesse avant de se diriger vers la sortie.

« A tout de suite votre altesse. »

Thrista rejoint Todd et Hannah au niveau de la porte et fit signe au jeune homme de le suivre.

« Ne vous inquiétez pas, tout va bien. Il ne faut pas contredire les ordres de la princesse.

– La tradition veut qu’aucun homme ne voie la princesse avant le début de la cérémonie. Je ne suis pas un homme, je reste au cas où, déclara la jeune femme brune.

– Hannah !, commença Todd, mais Thrista intervint avant qu’il ne puisse contredire sa coéquipière.

– Non, c’est bon. Elle peut rester si elle le souhaite. Après tout il est vrai que la tradition n’impose pas aux femmes se retirer. »

Todd regarda Hannah pendant un cours instant, le regard de cette dernière ne vacilla pas, puis levant les mains en signe de défaite il soupira.

« Bien, alors allons y. »

Ils se dirigèrent donc tous deux de nouveau vers la cours intérieure après avoir refermé les doubles portes derrière eux.

« Je n’y crois pas !, s’exclama le blond une fois qu’ils furent arrivés au niveau de la fontaine. Elle n’en fait qu’à sa tête…  C’est vrai que notre mission est de protéger la princesse mais quand même, elle prend tout trop au sérieux je trouve… »

Thrista sourit à ces mots.

« Ne t’inquiète pas, tant qu’elle ne ralentit pas la bonne marche de l’essayage en organisant une fouille de dernière minute, ce qui lui vaudrait les foudres de la princesse, tout devrait bien se passer.

– Elle en est bien capable malheureusement…, s’esclaffa le blond. »

Ils marchèrent alors dans les allées du petit jardin intérieur, profitant de la fraîcheur de l’ombre que projetaient les arbres et discutant de leurs différents projets pour la suite. Ils aperçurent parfois quelques servants et gardes qui s’affairaient aux préparatifs mais dans l’ensemble cette partie du palais était calme. Tout le personnel devait déjà être à son poste en train de veiller à ce que tout se passe bien bien lendemain. Une autre heure s’était écoulée lorsqu’ils virent enfin la princesse, suivie de près par Hannah, ressortir de l’atelier en soupirant bruyamment.

« Je sature ! Il est vraiment temps que la cérémonie commence ! Plus vite ce sera passé, mieux ce sera…, s’exclama-t la blonde en les rejoignant. »

Thrista ne put s’empêcher de pouffer légèrement de rire, ce qui eut pour effet de lui valoir un autre regard noir de la part de celle-ci.


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Letter to myself

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Try. Even if you are scared,

Even if you feel inadequate, impaired,

Try. Don’t succeed, perhaps fail

But try, don’t just lie and wail.

Don’t let yourself down

Don’t let chances slip away,

Don’t let yourself drown

And your heart fly away,

Try, even in the darkest of night,

Look into the face of fright

Without a doubt about you,

Try, until it becomes true.

.


This is a repost. I just realized I posted it a few days ago in an unfinished version instead of saving it in the drafts… :/

So here it is again to enjoy! ;)