Débonnaire et du repos

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On me dit de prendre du recul, de prendre des vacances
Peut-être un coup de bol, peut-être un coup de chance
Car même le grand air ne remplit qu’à moitié
La cicatrice qu’un des deux hémisphères inspire à la pitié;
Alors plutôt qu’en piété dans le domaine divin
Je saigne mon amour en pétri sans levain.

Presse sur la détente et tout ira bien mieux
Presse sur la détente et n’oublie pas de dire adieu
Mords la poudre à pleine dents
Deviens avaleur de feu, cracheur de sabre,
Valse avec les balles, salves en trois quarts temps,
Laisse toi entraîner, que tes repas te cabrent

La personne que je vois m’a prescrit du repos
Mais quel est cet hombre que j’aperçois de dos ?
Est-ce toujours moi ? Dois-je défier mon regard ?
Ou bien suis-je passé, est-il déjà trop tard ?
Que n’ai-je même le choix de ces froides sensations,
Impasse mexicaine contre revolver triple action.

La vache, t’es tendu, faut te calmer mec…
De peur que tu te lèves et retombes aussi sec;
Aspirine un grand coup et presse la détente
Vise un peu la tempe et top à la gâchette !
Laisse perce et pointe le jour dans une chambre noir
Que l’image de la vie s’y imprime d’espoir.

Presse sur la détente et tout ira bien vite
Presse sur la détente et n’oublie pas une dernière visite
Sois lumineux, sois incandescent, sois solaire,
Inutile de verrouiller la porte derrière
Mais n’oublie pas d’éteindre en passant
Tu es fait de couloirs dont l’un est traversant.

Si lorsque vient la nuit chevauchant ses démons, ses ennuis,
Ses filaments de songes de ce qui a été,
Si la corne et les nœuds tendent à être menuis
Il faudra lui apprendre, il faudra lui prêter,
Si sans cesser séant ces sourires sirupeux
Peut-être sera-t-il temps de s’entraîner à mourir un peu…

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Allez savoir… Moi je sais que je vais.