c’est comme si c’était toi

.

treize heures cinquante cinq

un point quatre kilo octets seconde

je le vois passer à toute berzingue

et je ne peux le rattraper, le monde;

j’ai encore oublié d’éteindre la bluetooth,

la voilà qui dévore toutes mes pensées,

quarante pourcent de batterie

et je sens jaillir cet espoir insensé:

malgré les tremblements et les secousses

peut-être les larmes seront de la partie?

voilà que je ne fais plus vraiment de sens

et que mes mots ne sont guère très jolis

mais je ne peux pas quand j’y pense

assise sur le rebord de la folie,

et dans le silence de mon royaume

encore si bruyant à mes oreilles

quoi que je dise ou je prétende

j’entends cette voix qui me demande

est-ce que chez vous ça sera pareil

dans vos tours d’argent et de chrome?

est-ce que vous sentez la force fragile

qu’il y a derrière ces mots ?

le colosse aux pieds d’argiles

qui apporte ce court et simple mémo?

*

je l’ai vue en me levant

au soleil pâle du matin

elle se tenait là devant

dans une robe de satin,

et puis dans un éclair de givre

qui coulait sur les pétales

j’ai presque oublié de vivre

loin de mon village natal.

.


j’ai l’impression de ne pas comprendre

je sais nager pourtant je coule

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