En scène

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Le sourd torrent de la foule

Dans le noir se réverbére,

Jusqu’à mes oreilles coule.

Là, en silence, j’espère

Que sous les vives lumières

Ma confiance ne s’écroule,

Que point je ne désespère,

– Pire ! – ne perde la boule…

Car la volonté de fer

Qu’en moi distingue la foule

Se casse comme du verre,

Aisément se rouille, s’éboule,

Me prend en douce à revers,

Sous la si puissante houle

De tous ces regards sincères.

Si en ces lieux je me perds,

Si j’y plonge tout mon soûl,

Je suis tel pierre qui roule

Tant et si bien qu’enfin j’erre…

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Gravitas

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Au milieu de la grande ronde

De toutes ces belles étoiles

Qui illuminent pour le monde

La piste en dansant sous la toile

Se tient l’enfant au cœur d’oiseau,

Elle regarde et s’émerveille

– Mille couleurs virevoltantes –

Entre les rires et les pleurs,

Entre les joies et les douleurs

Que joue la vie sous la grand tente.

C’est son sourire, lorsqu’il s’éveille,

Qui chez le jeune damoiseau,

Admirant depuis la pénombre

D’un regard tendre et presque heureux

La silhouette dont brille l’ombre,

Empli de chaleur un cœur creux.

Il ne peut que poser les yeux

Sur la créature des cieux

Sans jamais ne prononcer mot;

Seul en ses rêves : “Te amo…”

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D’un regard tendre et amoureux…

Symphonie n°5

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C’est à toi, ô lointaine reine,

Toi celle qui me cause tant

De sourds soupirs, de pâles peines,

Toi qui pour le temps d’un instant,

Sous ta couronne de lauriers,

De ta silhouette, habilement,

Étincelle furtivement

Et fait mon regard prisonnier,

Mais au coin de l’œil tu habites,

J’ai beau regarder et pourtant

Dans les angles morts tu t’abrites,

Ici et là, virevoltant;

Ombre chinoise en avant scène,

Horizon de mon univers,

C’est donc à toi, lointaine reine,

Que je dédie ces quelques vers.

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Bob

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Il vit dans un ananas au fond de la mer,

Un fruit beau et tout frais, orange, non pas vert,

Au milieu de poissons, crustacés et requins,

Tous les jours en cuisine, spatule et ramequin

En main, il nous prépare le meilleur des plats :

Le pâté de crabe dont tout le monde sait

Que même par amour ou une fois en chankla

– Que sans ménagement chacun, là, le persifle

Ou que pleuvent les coups, douloureuses mornifles, –

Le gardien doit rester éternellement muet.

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La petite connerie du jour.

Poème imposé à partir des mots : ananas vert, amour muet, chankla, ramequin et persifle.

Instant – I

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Cheveux de cuivre et d’argent

Se mêlent sur son front

En crinière de temps

Que Cronos point ne rompt,

Les âges sont passés

– Éternités d’instant –

Mais l’âme n’est lassée

D’un seul moment restant.

 

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Du cirque et de l’oiseau

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Là, dans ce vieux palais de toile,

Ce cirque au brillantes étoiles

Où de fiers enfants de la piste

Dansent et tournent et chantent et s’oublient

Dans leurs vies aux nombreux replis,

Eux qui, pour le spectacle, existent;

Cirque où magiciens et jongleurs,

Acrobates et mimes muets,

Où marionnettistes farceurs

Dansant aux côtés de leurs jouets,

Se partagent la grande scène

Avec un clown au mille peines

Et un fantomatique oiseau

Qui s’est envolé tout là haut.

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Un petit hommage.

Le 27/03 et le 06/04 en Bazin

Viendez !

La mer

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La mer calme est un doux berceau

Qui endort et protège l’âme,

Quoi que de douleurs on la blâme

Ecoutez ce puissant morceau !

Mélodie antédiluvienne

Que joue depuis la nuit des temps

Ce lac dont toute vie est sienne

Aux doux reflets d’or et d’argent,

Qu’habitent mille et un noirs fiels

Parmi merveilles oubliées

Du temps et de ses sabliers

Et que rend en échos le ciel.

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Les maux de l’afin

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Un regard de braises d’étoiles

Limpide comme l’océan,

Nul nuage ni nulle voile

Ne viennent se perdre en son céans,

Sa voix comme la fraîche brise

Virevoltant sa chevelure,

Souffle les flammes et les attise,

Dessine à l’ombre son allure

Si éthérée mais si puissante

Et illumine sa passion,

Son imagination dansante,

Que ne tait nulle hésitation;

Comment donc m’élever auprès

De cette créature là,

Ce sans que ne fane l’apprêt

De ce doux bouquet de lilas ?

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