Instant – I

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Cheveux de cuivre et d’argent

Se mêlent sur son front

En crinière de temps

Que Cronos point ne rompt,

Les âges sont passés

– Éternités d’instant –

Mais l’âme n’est lassée

D’un seul moment restant.

 

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Du cirque et de l’oiseau

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Là, dans ce vieux palais de toile,

Ce cirque au brillantes étoiles

Où de fiers enfants de la piste

Dansent et tournent et chantent et s’oublient

Dans leurs vies aux nombreux replis,

Eux qui, pour le spectacle, existent;

Cirque où magiciens et jongleurs,

Acrobates et mimes muets,

Où marionnettistes farceurs

Dansant aux côtés de leurs jouets,

Se partagent la grande scène

Avec un clown au mille peines

Et un fantomatique oiseau

Qui s’est envolé tout là haut.

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Un petit hommage.

Le 27/03 et le 06/04 en Bazin

Viendez !

La mer

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La mer calme est un doux berceau

Qui endort et protège l’âme,

Quoi que de douleurs on la blâme

Ecoutez ce puissant morceau !

Mélodie antédiluvienne

Que joue depuis la nuit des temps

Ce lac dont toute vie est sienne

Aux doux reflets d’or et d’argent,

Qu’habitent mille et un noirs fiels

Parmi merveilles oubliées

Du temps et de ses sabliers

Et que rend en échos le ciel.

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Les maux de l’afin

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Un regard de braises d’étoiles

Limpide comme l’océan,

Nul nuage ni nulle voile

Ne viennent se perdre en son céans,

Sa voix comme la fraîche brise

Virevoltant sa chevelure,

Souffle les flammes et les attise,

Dessine à l’ombre son allure

Si éthérée mais si puissante

Et illumine sa passion,

Son imagination dansante,

Que ne tait nulle hésitation;

Comment donc m’élever auprès

De cette créature là,

Ce sans que ne fane l’apprêt

De ce doux bouquet de lilas ?

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L’amer, l’amor

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Les ciel est clair, les oiseaux chantent

Le vent est doux, la rosée fraîche,

L’odeur salée, un peu revêche,

De ma mer natale me hante.

En ce paysage immobile

La mort et la vie s’entremêlent

Tournant en rond – lent carrousel –

Avec une finesse habile.

Que fonde alors – précieux écume –

La belle et fugace richesse

Quand tombe la vieille tristesse

Que nul feu jamais ne rallume.

Un homme dort dans le grand lit

Du doux espoir qui, malicieux,

S’infiltre depuis les hauts cieux

Aux racines des pissenlits,

Les yeux fermés, le teint si pâle,

Ses lourds soupirs restent reclus

Dans ses lèvres sous le blanc châle;

Un homme dort, l’esprit n’est plus…

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Les yeux fermés, le teint si pâle,

Nul souffle ne s’échappe plus

De ses lèvres sous le blanc châle;

Un homme dort, esprit reclus…

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Avec fin alternative.

Lorsque le sommeil guette

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En cette froide nuit,

Calme et sereine,

Mais un peu mélancolique aussi,

Tu es ma reine.

Lorsque le sommeil guette

Et que la fatigue assaillit

C’est là que dans ma tête

Cet étrange univers jaillit !

Plein de tristesse, de joie aussi,

Plein d’aventures, de chers amis,

Plein de magie et de tours réussis,

Plein de désirs lors de l’éveil omis…

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Petite expérience de poésie libre.

Quoi qu’on fasse

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Quelle est cette sublime émotion qui me prend,

Et qui garde mes mots et mes maux en suspend ?

Quelle est cette étrange sensation qui me rend

Si maladroit quand je voudrais être charmant ?

Antique et merveilleuse, aussi belle que toi,

Magique et chaleureuse, lueur qui chatoie.

Vers et prose me sont d’ordinaire facile,

Pourtant quand tu te tiens juste en face de moi

Je cède à la panique de ce fort émoi,

Sur ma langue d’or nul mot ne roule docile.

*