Quoi qu’on fasse

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*

Quelle est cette sublime émotion qui me prend,

Et qui garde mes mots et mes maux en suspend ?

Quelle est cette étrange sensation qui me rend

Si maladroit quand je voudrais être charmant ?

Antique et merveilleuse, aussi belle que toi,

Magique et chaleureuse, lueur qui chatoie.

Vers et prose me sont d’ordinaire facile,

Pourtant quand tu te tiens juste en face de moi

Je cède à la panique de ce fort émoi,

Sur ma langue d’or nul mot ne roule docile.

*

I yearn

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I somehow have had the chance

To begin to experience

A way I have never been,

Oh I think I yearn for you,

Oh I think I learn from you

What this word, this ‘love‘ might mean;

I think I begin to feel

My layers starting to peel,

The stone wall is going frail

As in my heart melts the ice,

A train starting to derail,

A future left to the dice,

From main-topmast down to keel

This ship is but yours to sail.

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Walking past the future

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I feel here not there anymore,

For I am in the present now,

Feet on the ground, mind in the sky,

Perhaps, sadly, not evermore

And even though I know not how,

My heart feels this is not a lie;

While my wounds life slowly sutures

I may now live it with a smile,

Not in the past and its regrets

Or ever potential futures,

I move slowly, walk mile by mile,

This is as simple as it gets.

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Knight

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Anointed in the snow

And tried in the desert,

In plains where strong winds blow,

Where nature is alert,

This brave knight swore honor,

Fealty and protection

And became a donor

Of bloody life action,

For the king, the sovereign,

His subjects and his dom,

Oh to protect his reign

Kind heart became fearsome;

With a sword forged in steel

– An ageless bluish blade –

To no one she would kneel

This silver armoured maid.

*

Anointed by the flow

Of pain and ache and hurt,

Under the starry glow

Of night, risen from dirt,

This brave knight swore honor,

Fealty and protection

And became of dolor

A complete reflection,

For her king, her sovereign,

Not subjects of his dom,

Feelings became foreign

And sword became fearsome;

With a heart forged in steel

From which emotions strayed.

No one could stop the wheel,

Destiny would not fade.

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Not sure.

I tried something.

 

 

Skye

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She was cold and lonely

Fleeing, in the faint light

Of dawn, her family;

Her heart was full fo fright

As she fled the murder,

A storm followed in tow

– As if a reminder –

Drenching her little frame,

Emotion made her choke:

Was she the one to blame?

Worry not ’bout your folk,

Just fly sweet little crow!

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Father C.

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On this sacred day, ho ho ho !

Here comes winter, here comes the snow !

Rejoice my child, look to the east,

Christmas is here for all to feast!

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If only it were true.

May one day come when all can feast and laugh together.

There she goes

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The first time I met Ophelia Bachman, I swear

Oh I knew, then and there, I would be worse for wear,

She was so high, high above me, so peculiar,

You may call me a cheat, or even a liar,

But boy did I mean it when I finally said

If she did not see me, I would rather be dead…

Her, a living, breathing creature of flesh and blood,

Of wonder and beauty, beautiful rose’s bud,

A smiling rogue angel, the light in the deep grey;

The colours of her soul lit the way through the fray!

What I only yearned for, my sole and unique wish

Was to never stray from her warm and free spirit,

She could never love me, always running far – whish!

And until the end, I never regretted it,

Such a beautiful day, the day she did conquer

The world and its people, they all applauded her.

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‘Cause she’s so high ! High above me, she’s so lovely… ♪

Créatures de mes rêves

 

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Je ne sais qui tu es, je ne sais d’où tu viens,

Mais au petit matin ton parfum me revient,

Nous ne nous rencontrâmes en cette unique nuit

Que quelques heures brèves mais vides d’ennui;

Tes cheveux courts et noirs ou bien blonds et bouclés,

Ta douce peau d’ébène au cent reflets d’albâtre

Et tes yeux couleurs ambre aux reflets bleu azur,

En une concoction goût doux-amer bâclé

Se mélangent et se lient sans jamais se combattre

Restant, au fil de mes rêves, dans l’embrasure

Du monde des songes et celui des mortels

Sans le seuil sacré ne jamais oser franchir

A vous donc mes amours, sacrifiées sur l’autel

De mon imaginaire, je dédie ces vers

Afin de vous libérer, de vous affranchir,

De mon esprit étroit – le ciel vous est ouvert !

 

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Espair

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Worry my child for the world is dark,

Over it fell a thick veil of gloom,

But yet has to come its fated doom

For there still endures of hope a spark,

Worry child for times are indeed stark,

Only waste remains where flowers bloom

And our skies echo with endless boom

As we humans leave behind our mark,

Worry my child but do not despair,

Instead look for a way to prosper

A way to protect and save our world

From trials that are towards us hurled.

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La rupture

La première chose qui le frappa lorsqu’il entra dans l’appartement ce fut le sentiment que quelque chose manquait. Puis son regard se posa sur le mot. Un petit morceau de papier cartonné blanc, laissé en évidence sur le buffet du couloir. Il jeta un regard autour de lui, c’était étrange comme l’appartement semblait vide. Son regard tomba à nouveau sur le mot. Il hésita un instant avant d’enfin franchir les quelques pas qui le séparaient du meuble. Il attrapa le morceau de papier et le lu.
Guillaume, tu as été mon plus grand amour, tu es mon plus grand amour et tu le resteras sûrement toute ma vie. Sache que je t’aime plus que tout, sincèrement. Mais ça ne peut plus continuer comme ça, je n’en peux plus de tes crises et de tes accès de colère, de tes idées noires et de ces moments ou tu ne vis plus, je n’en peux plus de ces mille excuses brisées par mille autres blessures. Tu es quelqu’un de bien, je le sais, mais quelque chose en toi est cassé, quelque chose que je ne pourrais jamais réparer… Je sais que ça va probablement te briser le cœur mais je n’ai plus l’énergie pour lutter. Mon amour pour toi ne suffit pas alors je pars. Ne me cherche pas, je ne veux pas que tu me trouves. C’est le seul moyen si on ne veut pas tous deux devenir fous…
Adieu.
Le mot était écrit à la main, d’une écriture cursive et appliquée à l’encre bleue. Pas de signature, pas de nom. Pas besoin, pensa-t-il. Sa main tremblait légèrement lorsqu’il reposa le mot sur le meuble de l’entrée et des larmes perlaient au coin de ses yeux. Il s’adossa au mur et se laissa lentement glisser au sol, de légers sanglots secouant ses épaules. Il avait du mal à y croire. Était-ce vraiment la fin ? Après tous ces moments passés ensemble, ces quatre années d’amour et d’épreuves… Qu’avait-il fait pour en arriver là ? Il resta longtemps assis à même le sol, laissant ses larmes couler et sa poitrine se serrer. Seul le faible bruit de l’eau courant dans les murs, entrecoupé de quelques rares sanglots, emplissait l’appartement maintenant dégarni de la moitié de ses affaires.
Lorsqu’il se releva enfin, une éternité s’était écoulée, il sentit l’engourdissement qui avait prit possession de ses jambes se dissiper avec une certaine réticence. Il se dirigea d’un pas lent vers la chambre ; le lit était fait, les rideaux tirés, la pâle lumière du soleil donnait dans la pièce. Sur les tables de chevet trônaient deux petites lampes et au mur était accroché un tableau, relique d’un autre temps qu’ils avaient tous les deux déniché dans une vieille brocante. Malgré tout cela la pièce lui paraissait complètement vide. Il n’arrivait pas à se faire à l’idée que c’était vrai, que c’était fini, que ce vide ferait maintenant partie intégrante de l’appartement… Il ouvrit le placard de la penderie. Ce dernier n’était rempli qu’à moitié : costumes, chemises et pantalons, tout le reste avait disparu. Les jeans, les hauts colorés, les écharpes et même ses sous vêtements, rien ne restait. L’émotion l’envahit soudain à nouveau et il ne retint cette bouffée de tristesse qu’avec difficulté, refermant le placard avant de sortir de la chambre. Il passa dans toutes les pièces, y jetant à chaque fois un rapide regard circulaire. Le résultat était toujours le même : vidées d’une partie de leurs affaires. La respiration haletante et le cœur battant, il se retrouva à nouveau dans le couloir de l’entrée. Alors la dispute lui revint dans un torrent d’émotions, comme un coup de foudre. Ou plutôt l’inverse.
Il avait presque été violent. Presque. Jamais il n’aurait osé, il le savait, et pourtant… La noirceur de ses yeux ne faisait aucun doute quant à la colère qui bouillonnait en lui. Il y aurait peut-être même cédé s’il n’avait pas remarqué son expression effrayée et réalisé à quel point il lui faisait peur… Il n’avait pu l’empêcher de partir, restant là, l’air impuissant, à regarder sa silhouette s’éloigner. Il n’avait même pas réagit lorsqu’il l’avait vu se retourner à mi-chemin. Peut-être n’avait-il pas voulu l’en empêcher, incertain de pouvoir se pardonner lui-même… ? Etait-il allé marcher de son côté ou bien était-il resté planté là, sur le trottoir, pendant des heures avant de rentrer ? Il ne savait pas. Toujours est-il que lorsqu’il était rentré il avait trouvé l’appartement vide, non pas de son mobilier, comme c’était le cas aujourd’hui, mais de la présence humaine qui lui était devenue si familière. Il avait dû essayer de l’appeler dès son retour –les douze appels manqués en témoignaient– avant de s’effondrer de fatigue et tristesse. Le matin suivant, la nuit passée et voyant sa moitié toujours absente, il s’était rendu au travail, laissant l’appartement libre pour la journée.
Une fois de retour dans le couloir, il posa à nouveau son regard sur le mot. Il sentit les larmes lui venir et fit un effort visible pour ne pas se laisser aller à ses sanglots. Il le relu une énième fois, pour s’assurer de la réalité de ce qu’il se passait, de ce que leur couple était devenu. Adieu. Le mot résonnait dans ça tête. C’était fini, terminé. Pas d’au revoir déchirant, pas de sanglots, pas de dernière dispute. Pas même de signature. Pas besoin, tout était dit. Adieu. Tout cela sonnait si faux, si creux dans son esprit, de faibles échos dans un vide infini… Il resta un instant comme cela, immobile, la main tremblante, à fixer le mot avant de finalement laisser s’échapper un soupir. Non, il méritait au moins cela. Camille ressortit le stylo de sa poche et inscrivit son nom au bas du mot, traçant les lettres d’une écriture cursive parfaite malgré sa main tremblante. Il reposa le petit morceau de papier cartonné sur le meuble, passant un dernier regard sur l’appartement à présent vide d’affaires mais rempli de souvenirs avant de refermer la porte derrière lui.