Petit enfant

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Petit gamin insouciant s’est vu grandir

Dans un monde où personne ne reste enfant,

Sa vie et ses espoirs il s’est vu brandir

Au sommet de palais, beau et triomphant,

Mais le monde est-il vraiment ce qu’il paraît ?

Avec le Temps la naïveté disparaît

Et alors emporte tout, même les rires;

Lui, éternel, nous l’apprend amèrement

Si souvent à nos dépends, sans sentiment.

Tous les éléments se déchaînent et chavirent

Alors le si fragile et précieux vaisseau

S’échoue sur la plage attendant le pinceau

Du vieux magicien des rêves oubliés

Qui vient, parfois trop tard pour le grand sablier,

Les dépoussiérer…

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Credit to Amearya

Coeurserre du roy

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Je veux être pirate

De ce trésor de sang,

Ce tambour au cent strates

Qui, si fort, tout ressent,

Mais ma gorge se serre,

Mon courage s’envole,

Je ne suis que corsaire :

Pour un autre je vole.

En bon marin je vire

De bord selon les ordres,

J’admire ce navire

Laissant le loup me mordre.

Le vent souffle au delà

Des limites du monde

Les mille et un soupirs

Que transporte cette onde…

Ni chasseur, ni la proie,

Martyr des oublieux

Portant jusqu’en ce lieu

Une invisible croix.

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Parce qu’on a vu les poèmes plutôt hermétiques dernièrement, en voilà un.

Amor à lyre

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J’admire, j’adore,

De myrrhe et d’or

Courir – effort –

Quérir l’aurore

Que dire alors ?

Je vire de bord

Ecrire rend fort

Décrire décors

Rougir – horror !

Ô sire ai-je tort ?

Partir, remors,

Avenir retors

Bénir l’ichor

Souffrir du corps

Pâlir d’abord

Maudire le sort

Mourir encore

Sourire qui sors

Offrir dolor

Et rire sonore

Ma lyre cantor

Martyr ténor

Délire dès lors…

Admire Victor

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Image

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I close my eyes

and see her pass

Eclair de blond

et de violet

Many goodbyes

break me like glass

Que temps est long

sans son reflet

I see you clear,

bright existence

Je ne désire

point ton absence

I feel you near

in the distance

Mes joues rosir

en ta présence

And when this dream

finally fades

Et que je rouvre

mes yeux fermés

My life may seem

bathed in the shades.

Oh je me trouve

déjà charmé…

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Succès

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Quand retentit le dernier mot

Et tombe la dernière voix

De tous ces étranges jumeaux,

Là, comme la première fois,

Le voile d’obscurité tombe

Attisant par là le silence;

Et de cette douce hécatombe,

Oh ! non sans quelque rutilance,

Renaissent alors les héros

Ayant insufflé mille vies

À la tragique comédie

Dont les musiques et chansons

Furent de grands et beaux hérauts,

Arborant des mines ravies

Lorsque le public leur dédie

Un vivat sans contrefaçon !

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Cinquante-et-un

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Mon oiseau a les plumes

Aux couleurs noir de jais,

Le bec odeur agrume,

La peau chaleur de brume,

Le cœur plein de projets.

Un oiseau sans pareil

Dont les yeux océan

Et perles de soleil

Aux doux reflets vermeils

Dansent en mon céans.

Et qu’il vole si haut

Scintillant sous les cieux !

Me voilà qui prie, “Ô,

Vous, beaux et puissants dieux,

Accordez moi cette eau

Vive comme les mots

Qui coule sous mes yeux.”

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Je suis pas tout à fait satisfait de celui-là, sûrement à retravailler plus tard.

Un des poèmes les plus frustrants à écrire jusqu’à présent parce que trop d’idées à caser avec une vision hyper précise de ce que je voulais…

Et je ne sais pas si j’ai réussi, donc doublement frustrant. Mais amusant tout de même, un petit défi très intéressant !

A bon entendeur salut ! ;)

En scène

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Le sourd torrent de la foule

Dans le noir se réverbére,

Jusqu’à mes oreilles coule.

Là, en silence, j’espère

Que sous les vives lumières

Ma confiance ne s’écroule,

Que point je ne désespère,

– Pire ! – ne perde la boule…

Car la volonté de fer

Qu’en moi distingue la foule

Se casse comme du verre,

Aisément se rouille, s’éboule,

Me prend en douce à revers,

Sous la si puissante houle

De tous ces regards sincères.

Si en ces lieux je me perds,

Si j’y plonge tout mon soûl,

Je suis tel pierre qui roule

Tant et si bien qu’enfin j’erre…

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Gravitas

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Au milieu de la grande ronde

De toutes ces belles étoiles

Qui illuminent pour le monde

La piste en dansant sous la toile

Se tient l’enfant au cœur d’oiseau,

Elle regarde et s’émerveille

– Mille couleurs virevoltantes –

Entre les rires et les pleurs,

Entre les joies et les douleurs

Que joue la vie sous la grand tente.

C’est son sourire, lorsqu’il s’éveille,

Qui chez le jeune damoiseau,

Admirant depuis la pénombre

D’un regard tendre et presque heureux

La silhouette dont brille l’ombre,

Empli de chaleur un cœur creux.

Il ne peut que poser les yeux

Sur la créature des cieux

Sans jamais ne prononcer mot;

Seul en ses rêves : “Te amo…”

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D’un regard tendre et amoureux…

Symphonie n°5

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C’est à toi, ô lointaine reine,

Toi celle qui me cause tant

De sourds soupirs, de pâles peines,

Toi qui pour le temps d’un instant,

Sous ta couronne de lauriers,

De ta silhouette, habilement,

Étincelle furtivement

Et fait mon regard prisonnier,

Mais au coin de l’œil tu habites,

J’ai beau regarder et pourtant

Dans les angles morts tu t’abrites,

Ici et là, virevoltant;

Ombre chinoise en avant scène,

Horizon de mon univers,

C’est donc à toi, lointaine reine,

Que je dédie ces quelques vers.

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Bob

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Il vit dans un ananas au fond de la mer,

Un fruit beau et tout frais, orange, non pas vert,

Au milieu de poissons, crustacés et requins,

Tous les jours en cuisine, spatule et ramequin

En main, il nous prépare le meilleur des plats :

Le pâté de crabe dont tout le monde sait

Que même par amour ou une fois en chankla

– Que sans ménagement chacun, là, le persifle

Ou que pleuvent les coups, douloureuses mornifles, –

Le gardien doit rester éternellement muet.

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La petite connerie du jour.

Poème imposé à partir des mots : ananas vert, amour muet, chankla, ramequin et persifle.