Je te suis tu me fuis

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Je te suis, tu me fuis,

Je te fuis, tu me suis,

J’essuie les traces de suie

J’effleure traces de pluie

Qui coulent sur nos joues

Et j’en oublie les larmes

Qui roucoulent avec charme

Chez chacun même les fous,

Je pleure face à qui je suis,

Et sous cette douce nuit

Qui -nuage au mille feux- luie

Tu es celle et moi celui,

On rigole et puis on joue

Sous ces belles robes parmes

Dont le soir se pare et s’arme

Tant que le monde est à nous.

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Lolita

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Le rire est une cure

De vie et de bonheur,

Duquel même Epicure

Crierait “à la bonne heure !”,

Cet impérieux festin

Ne peut être renié,

Toujours il nous appelle,

Tel est notre destin !

Apprends-nous à manier

Les pioches et la pelle

Afin de déterrer

Ces secrets éthérés.

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La suite des prénoms, acte quartième.

Abordage

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Tu crois qu’les mecs comme toi, bim bam ! je les abats

Alors que justement c’est bien ça que j’abhore

Je cass’ toutes les règles et les cod’ j’les abîme

Et devant ma puissance l’humanité s’abaisse

On me train’ dans la boue on m’rejette on m’abjure

On m’trait’ de tous les noms, d’ultime aberration

Si ma vie n’sert à rien fait-z-en donc l’ablation !

Je ne souhait’ ni pardon, excuses, absolution,

Oui, je suis l’homme à battre, à tout faire pour abattre,

J’te conseil d’te protéger, d’te mettre à l’abri

Car j’me laisserai pas faire, non, j’ai cette volonté,

J’suis très loin du cim’tière et j’compte bien le rester

Si la violenc’, la guerr’, c’est pas ta tasse de thé

Alors laisse tomber frèr’ sinon j’vais te mater.

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Un p’tit rap pour le fun (plus que pour la forme).

angello i rodin

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Ces battants aux fines gravures

Qui gardent l’entrée du mur

Se tiennent dignes : hauts et droits

Et ne s’ouvrent pour nul Homme

Qu’il soit simple badeau ou roi,

Qu’il supplie ou qu’il les somme,

Car aucun n’en a le pouvoir

Après l’ultime au revoir

Devant cet antique chambranle;

Mais lorsqu’enfin ils s’ébranlent,

S’ouvrant synchrones et boisés,

Un sentiment malaisé,

Né des enfers, descend du ciel

Et vous assaillit soudain

De maux singuliers et pluriels

Coulant en vos veines, ondins…

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Harley

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Couronne de lauriers

Fruit de mon amitié,

De l’humble trésorier

Je ne suis que moitié,

Catalyste vivant

De toutes mes folies,

Crinière dans le vent

Que d’un chant si joli

L’oiseau bleu embellit,

Je ne suis pas amant

Mais l’invisible aimant;

What the fuck? U Jelly?

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La suite des prénoms, acte ternaire.

Alice

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Le lapin blanc d’Alice

Je suis sans hésiter

Cédant à ses caprices

De pure vanité

Car ici-bas mon cœur

Ma vie tout à rebours

Battant l’aude au vainqueur

Aussi fort qu’un tambour,

D’un sourire félin

Traître dans sa beauté,

De l’autre se fait l’un

Maître du chapeau-thé.

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La suite des prénoms, acte second.

Sybille

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Si belle est ma Sybille

Que je ne puis le croire,

Je ne suis point habile

Et je risque de choir

Si j’ose aventurer

Au delà du miroir,

C’est donc me torturer

Que délier ma mâchoire;

De ses mots, de doux rêves,

Beaux et édulcorés,

De ces maux, pas de trêve,

Pour âme picorée.

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La suite des prénoms, acte premier.

J’entends le chant des tempêtes

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J’entends le chant des tempêtes

Les sirènes de mes peurs

Qui résonnent dans ma tête

Et qui noircissent mon coeur

Toujours, encore, répètent

Dans une antique torpeur,

Ces mortifères esthètes

Qui nourissent ma rancoeur.

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Et au loin à l’horizon

Où fusionnent les éthers,

Au delà de la raison

Dans ces landes de mystères,

J’entends le chant des tempêtes

Où vent, ciel, mer et soleil

Entonnent – antique quartet –

Des mélodies sans pareil

Emplissant mon coeur, ma tête.

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Poèmes originaires d’un petit défi poétique avec pour base : “J’entends le chant des tempêtes”.

Toi l’inconnue

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Toi l’inconnue

qui à ma vue

grand me sourit

me rendant vie

je remercie

du fond du cœur

toi celle-ci

qui ce jour là

le temps d’une heure

de l’au-delà

a réparé

mon âme lasse

m’a déterré

avant qu’un soir

seul dans le noir

je ne trépasse.

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Toi l’inconnue qui sans façon

M’a donné quatre bouts de toi…

Titans

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Que le poète ne s’endorme

Afin que de son cœur énorme,

De ce gouffre noir et béant,

Ne se réveillent les Titans,

Sombres et antiques géants,

Dévoreurs de vie et de temps,

Car pour cet enfant innocent

Qui se cache dans ce grand corps

Espérant toujours et encore,

C’est lors l’orage mugissant

Venant engloutir tout son monde;

Oh ! Nul ne peut lutter contre elles,

Bêtes sauvages et immondes

À qui la peur donne des ailes…

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C’est pas encore parfait mais les images me parlent alors voilà.