Alice

.

Le lapin blanc d’Alice

Je suis sans hésiter

Cédant à ses caprices

De pure vanité

Car ici-bas mon cœur

Ma vie tout à rebours

Battant l’aude au vainqueur

Aussi fort qu’un tambour,

D’un sourire félin

Traître dans sa beauté,

De l’autre se fait l’un

Maître du chapeau-thé.

.


La suite des prénoms, acte second.

Sybille

.

Si belle est ma Sybille

Que je ne puis le croire,

Je ne suis point habile

Et je risque de choir

Si j’ose aventurer

Au delà du miroir,

C’est donc me torturer

Que délier ma mâchoire;

De ses mots, de doux rêves,

Beaux et édulcorés,

De ces maux, pas de trêve,

Pour âme picorée.

.


La suite des prénoms, acte premier.

J’entends le chant des tempêtes

.

J’entends le chant des tempêtes

Les sirènes de mes peurs

Qui résonnent dans ma tête

Et qui noircissent mon coeur

Toujours, encore, répètent

Dans une antique torpeur,

Ces mortifères esthètes

Qui nourissent ma rancoeur.

*

Et au loin à l’horizon

Où fusionnent les éthers,

Au delà de la raison

Dans ces landes de mystères,

J’entends le chant des tempêtes

Où vent, ciel, mer et soleil

Entonnent – antique quartet –

Des mélodies sans pareil

Emplissant mon coeur, ma tête.

.


Poèmes originaires d’un petit défi poétique avec pour base : “J’entends le chant des tempêtes”.

Toi l’inconnue

.

Toi l’inconnue

qui à ma vue

grand me sourit

me rendant vie

je remercie

du fond du cœur

toi celle-ci

qui ce jour là

le temps d’une heure

de l’au-delà

a réparé

mon âme lasse

m’a déterré

avant qu’un soir

seul dans le noir

je ne trépasse.

.


Toi l’inconnue qui sans façon

M’a donné quatre bouts de toi…

Titans

.

Que le poète ne s’endorme

Afin que de son cœur énorme,

De ce gouffre noir et béant,

Ne se réveillent les Titans,

Sombres et antiques géants,

Dévoreurs de vie et de temps,

Car pour cet enfant innocent

Qui se cache dans ce grand corps

Espérant toujours et encore,

C’est lors l’orage mugissant

Venant engloutir tout son monde;

Oh ! Nul ne peut lutter contre elles,

Bêtes sauvages et immondes

À qui la peur donne des ailes…

.


C’est pas encore parfait mais les images me parlent alors voilà.

L’indolent

.

Je suis celui qui vit sans jamais vraiment vivre

Celui qui fait la fête mais n’est jamais ivre

Celui qui voit le monde avec un cœur d’enfant

Mais un esprit d’adulte en le philosophant,

Je vis la vie et je la chante et je la danse,

Je mesure mon sort, je mesure ma chance,

S’il est bonnes ou mauvaises situations

Je vogue entre les vagues sans grand prétention,

Et parfois l’on me félicite de mon flegme

De ma vision des choses, mes mille apophtegmes,

De mon calme impérial, ma patience infinie,

Mais je ne suis qu’humain et ma science finie,

Je ne sais d’où je viens, je ne sais ou je vais,

Je ne vois que trop bien tous mes côtés mauvais,

Oui, ceux-là diront flegme ou bien calme étonnant,

Et les autres que je cache en me retenant

Or je ne mâche mot car je suis insolent,

Je dirai donc ‘flemme’, que je suis l’indolent.

.


Mouais.

L’âme haut

.

Parfois

Un mot vaut mille lames

Une lame mille maux;

À tous ceux-là qui clament

Bêtement, fort et haut,

Que les bâtons et pierres

Peuvent briser des os

Mais que de simples mots

N’atteignent pas les fiers,

Je reponds “Venez voir

Dans les replis cachés

De mon âme épanchée,

Où reignent la nuit noire,

Les obscures chimères

Qui dansent sur les flots,

Et espoirs éphémères

Brisés par ces grelots…”

Il est donc nécessaire

Que mon esprit, mon coeur,

Face à cette souffrance

Qu’érige ton absence,

Choisissent de concert

Silences et pudeur.

.

À Saavakineh

.

Oh si tu savais mon frère

Tout le mal que ça me fait,

Oui si tu savais mon frère

Tout le banal que je sais,

Oh, si tu savais défaire

Ce noeud qui grandit en moi,

Mais il n’est pas fait de fer

Ce nouveau cheval de Troie,

Et si tu les voyais faire

Ces mains qui brisent ma foi

Non, tu ne pourrais te taire

Et laisser devenir roi

Le chagrin usant mes chaires,

Désespoir, mon noir émoi;

Mon âme dans les éthers,

Ma peau aux vives moirures,

Vois la fable délétère

Se parrant de cent dorures.

Oh si tu savais mon frère,

Si tu pouvais tout apprendre,

Oui si tu savais mon frère

Pourrais-tu donc me comprendre ?

.


Oui.

Comme une bamba triste

.

Un peu comme une bamba triste

Ou un puzzle à mille pièces

Dont il manquerait la dernière,

Comme au milieu de foules en liesse

Mais isolés d’une manière,

Ou juste après l’ultime piste

De votre disque préféré,

Un peu comme tombe la nuit

Ou se lève l’astre qui luit

Car pour les esprits éthérés

Souvent pleins de mélancolie

Il n’y a pas d’échappatoire

A cette mère évocatoire

De tous nos rêves et nos folies,

Un peu comme le doux amère

Sourire de l’homme damné

Qui, lorsqu’il se sait condamné,

Se rêve encor libre comme l’air,

Un peu comme cette chanson

Sous ses airs de lente balade

Vient adoucir chez le garçon

Les sombres maux d’un coeur malade,

Comme une douce comédie

Dont la grande harmonie tragique

N’est belle qu’au yeux du public

Qui voit de loin le coeur maudit,

Comme, enfin, cette vieille reine

Qu’est la Vie parmis les mortels,

Elle, de la Mort, soeur jumelle,

Celle qui cause tant de peines,

Comme un regret qui prend au tripes

Et qui fait de nous ses pantins

Lorsqu’à nos rêves enfantins

On repense encor, on s’agrippe…

.

Et si le temps tourne à l’orage

.

Elle est ici même quand elle n’est pas là,

Dans mon coeur à défaut de mes bras,

Et si le temps tourne à l’orage,

Si tout cela n’est qu’un mirage,

Je n’en ai cure, oui je m’en fous !

J’aurai beau être traité de fou,

Elle est si pure et je veux être à ses côtés,

Que ce soit un merveilleux rêve

Ou bien dans la dure réalité.

Je ne désire pas de trêve

J’ai suffisamment perdu, assez donné,

Laissez-moi mélancolique

Me replonger dans ces sentiments

Pour mille et une années.

Je ne suis peut-être qu’un alcolique,

Qu’un pauvre fou, un dément,

Mais je ne veux rendre au cosmos

La graine qu’il a semé en mon coeur,

Et si je dois être le colosse

Aux pieds d’argiles, pas de rancoeur…

J’aurai vécu cette douce tempête

Et ton souvenir, même au fil des siècles

Tournera en mon coeur, en un joyeux cercle,

Et me restera toujours ainsi en tête.

.


Libéré, délivré des contraintes, l’anarchie est le prix de ma liberté !

Ouais, un poème plutôt libre pour le coup.

Moi je me suis bien amusé, à vous de juger…