Rabbit in a Snowstorm

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I sit there and wait to be inspired,

Reflecting on things I once aspired

To, things of my childhood, of years past,

And of things yet to come, at long last.

Upon the walls of white of my cell

I see great sceneries and portraits,

Fevered visions of those I shall fell

And secret glimpses to my dark traits.

I can feel her there, right by my side,

The spicy perfume floats in the room,

I can feel her stare over me loom

Recalling the time when I last cried;

Knowing not why now I remember,

I let this whirlwind fan my ember.

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He dares the evil deeds.

Quand je serai un enfant

 

Quand je serai un enfant

Je te dédierai maman

Une chanson toute entière,

Un’ chanson dont tu s’ras fière !

Y’aura des parol’s tout plein

Avec de belles images,

Des histoir’s de chevaliers,

Des princesses dans des cages,

Et des dragons à tuer !

Quand je serai un gamin

Je te donnerai ma main

Et on ira s’ballader

Le longs des vers et des rimes,

Je te f’rais escalader

Les monts et leurs plus haut’s cîmes,

Au rythme de longues strophes,

Au fil dodécasyllabes

De vain pieds en apostrophes,

Tu verras, cet astrolabe

Je l’ai construit de mes mots

Au long des années passant

A forc’ de lir’ Maupassant,

N’as-tu pas eu le mémo ?

Je suis dev’nu z’un poète !

Quand je serai un bambin

Et qu’tu me donn’ras un bain

Je te soufflerai les bulles

Que j’ai soufflé jusqu’alors,

T’as compris ? Parc’que je bulle,

Mêm’ pas en Technicolor

Just’ en noir et blanc passé

Parc’que j’aime pas travailler –

Oh ! Je préfère révailler –

Mais qu’j’ai peur de me casser.

Quand je s’rai à nouveau mioche

Je te dédierai chèr’ mère,

Par ma pelle et par ma pioche,

Un cadeau goût doux-amer

Qu’j’aurai cuisiné moi-même

Dans un plat tout préparé,

Et tu diras que tu aimes

Mais faudra pas comparer

Parc’que moi, mon truc, maman,

C’est l’émo et c’est l’émoi,

C’est les mois et c’est les maux,

Je ne suis que l’humble amant

De mon âme et de mon cœur,

Mon esprit est vagabond

Et moi j’suis un bon gars, va !

Mais je suis pas bon à rien,

Ni non plus mauvais en tout,

Je sais juste faire des rimes

Pour le ‘kick’ et pour la frime,

Ouais, parc’qu’aussi j’parle anglais

Et mêm’ si j’suis un peu laid

J’ai un sourire qui s’partage

Sauf qu’il s’effrite avec l’âge;

Alors, maman, quand j’srai p’tit

J’te jur’ je f’rai un effort,

Je s’rai p’tet ni grand ni fort

Mais j’aurai de l’appétit !

Je mang’rai tes bons p’tits plats

Et je s’rai plus souvent là,

Je f’rai parfois la vaisselle

Et j’me lav’rai les aisselles,

Mais surtout ma p’tite maman

Je t’écrirai un’ chanson

Avec plein d’parol’s et d’lignes

Et d’images, de métaphores…

J’dessinerai le firmament

Sur une feuille Canson

Et tu t’tiendras belle et digne

Et brillant tell’ment si fort !

Alors maman laiss’ moi faire,

J’ai p’tet’ pas d’destination

Mais ça j’en fais mon affaire

A grands coups d’obstination,

J’finirai par y’arriver !

Alors garde les yeux rivés

Et les oreill’s grand’ ouvertes,

Tout le mond’ sonn’ra l’alarme,

Tout’s tes copin’s seront vertes

Et toi tu vers’ras une larme

Et j’te jur’ tu seras fière !

Et j’te jur’ tu seras fière…

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Inspiré je ne sais trop pourquoi par l’écoute de “Étudiant, poil aux dents !” de Renaud.

Je dédie ce poème à ma maman.

Détour

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Qu’est long le détour de ces quelques lignes

Tracées par mon doigt à l’ancre de sens,

Sanglantes tâches de vin, cœur décent;

Qu’est douloureux l’acte de rester digne

Alors même que le monde s’effondre

Autour de réalités alternées,

Autant de douces icônes mal ternies

Tel neige chaude refusant de fondre;

Nombreux les esprits voyant le tryptique

De ces sons, des sens et de l’intention

Comme une si mystérieuse invention

Que les sourds messages en restent cryptiques;

Au delà de l’obscure sémantique

Pourtant, la transparence de mes maux

Fait écho l’apparence de mes mots,

Car, vraiment, je ne suis qu’un romantique

Qui dore ses fines lettres de plomb,

Fuyant la transparence de son âme

Dont jadis Damoclès perçut la lame,

Par peur, par faiblesse et manque d’aplomb.

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La poétique des mots est mon seul courage,

Mon épée, mon bouclier, ainsi que ma rage.

Idée fixe

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Du bout des doigts je la caresse

Mais je ne sais me décider,

Je ne sais si c’est par paresse,

Si mon courage est oxydé,

Ou si je crains ma maladresse…

Je me sens bien trop évidé,

Affaibli par la sécheresse

De mon cœur et de ses idées;

Peut-être faut-il que je laisse

L’énigme non-élucidée?

Que je cède à cette faiblesse

En acceptant l’âme ridée,

Elle dont la grande détresse

Vient aigrement consolider

La haute et sombre forteresse

De ma verve dilapidée?

Ou encor que tout cela cesse

Et que je me laisse guider

Par le doux encens de grand messe

Qu’émane de cette orchidée…

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Compter fleurette.

Quête

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J’erre et je cherche, sans but autre que mon but : trouver.

Je ne sais où il se cache, je ne sais ou le chercher,

Tout les éclis virevoltent sous la hache

Qui prépare l’immense bûcher.

Mon cœur sait où elle se cache

Mais à jamais je ne peux qu’en rêver.

Il faut continuer à avancer, à tourner en rond,

Il faut continuer à chanter, à sourire et à rire sous

Le masque de mes pensées, de mes envies, de mes espoirs,

Je ne sais que vous dire,

Je ne sais que penser,

Pour moi le mystérieux élixir

Ne sert qu’à faire danser

Les imbéciles et les sots, les oublieux et les fous,

Et pourtant je m’élance et pirouette dans le vent

Mon esprit aussi fébrile que volatile

Alors que mon cœur va de battement en battement

Éclipsant même le plus sourd de ses grondements

A la recherche de cet El Dorado, cet Atlantis

Qu’un royaume d’araignées et de Maures tisse

M’emprisonnant.

Je n’ai jamais été aussi libre, aussi vivant,

Alors pourquoi sens-je ces chaînes à mes pieds ?

Que ne voudrais-je aller de l’avant,

M’offrirait-on une aventure qui me sied ?

Je ne demande ni ne supplie,

Marchant sous le Soleil et les étoiles,

Seul mais pas solitaire, toujours vers l’horizon,

La Terre comme mère et de paire avec la Lune,

Et lorsque je me perds je recherche la mer

Du haut de la plus haute dune

Elle seule fait taire de son goût sel amer

Le souffle de mon âme qui mugît de douleur

Sous les coups de la lame aux mille-et-une couleurs.

Cette quête éternelle s’achèvera un jour

Lorsque les doux pétales

Du rosier blanc de neige

Toucheront le sol et quitteront l’air…

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Assignement: Ars Poetica

Pharaon

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D’abord il croit un rêve

Quand un doux vent se lève

Au dessus de la grève,

– La folie et sa sève –

Pourtant doute s’achève

Et bientôt le noir glaive

S’éfface et disparait

Au travers du velour

Si vieux pourtant si rouge :

Un voilier reparaît;

Le coeur en est moins lourd

Et l’espoir en corps bouge.

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Référence, référence, quand tu nous tiens.

R et J

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Du noir poison se redresse

Le brillant phénix rené,

La vérité redevient maîtresse

Mais leur secret n’est point pardonné,

Quand minute devient heure,

Quand un an en devient cent,

Mais que le souvenir ne demeure

Éternel l’espace d’un instant

Si court que l’on ne peut le compter

Avant qu’il ne se soit effacé,

Et nul ne puisse chasser

La fin ni onc la dompter,

Ainsi gisent dans le noir,

Sans nul souffle ni espoir,

Les deux cœurs privés de leurs tambours,

Pris dans l’éternel compte à rebours…

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Une traduction de celui-ci : R’n’J.

Pas parfait mais pas trop mal.

La bobine usée

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Et la bobine tourne et tourne bien que plus lentement

Et les haut-parleurs crachent la même neige que l’écran

La large pièce s’est assombrie il y a déjà un moment

Mais le film compensait la sombreur imprégnant les rangs

A présent l’écran à retrouvé son originel blanc

Le générique n’est lors qu’un souvenir loin et distant

La musique s’est fondue dans la mécanique tournant

Et les lumières inondent à nouveau la salle à présent

Chaque spectateur a disparu pleurant ou souriant

Et pour les rouge rideaux il est aussi à présent temps

De doucement retomber de tout oublier et pourtant…

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Le projectionniste ne rêve que d’une chose.

Arriverai-je un jour ?

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Caravane

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Arriverai-je un jour au caravansérail

Où se retrouvent ceux qui leurs cartes choisissent ?

Ou suis-je condamné à voir mes funérailles

Brûler du feu céleste en la belle oasis ?

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C’est dans cette jungle luxuriante d’à boire

Que passent tous ceux-là qui s’abreuvent d’en vie

Mais c’est ici aussi que se vend l’éteignoir

Pour tant de fidèles profanant le parvis

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D’une cathédrale de végétales larmes

Qui de façon sublime allie douleurs et charmes

Des grands Sable et Soleil, les maîtres de ces lieux.

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Je suis de l’éclectique et vieille caravane

Traversant le désert où belles fleurs se fanent

Au rythme palpitant des flots de vin bilieux.

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Raphaël et la pomme.

Mésutopies

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Le manoir de l’intrigant

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Aux anges improvisés rêvant à la gloire

Je dis sans prétention qu’à toujours trop vouloir

Eux qui volent si haut risquent aussi de choir

Car dans ce joli monde au delà du miroir

Il existe une lente ronde triste et noire

Que dansent les immondes ombres de l’espoir

Sans fin et sans repos autour du grand manoir

Où liquide rubis, élixir défouloir,

Se mêle à l’envie et coule à flot du ciboire,

Les éternels fleuves, éphémères mémoires,

Jaillissent du poison et l’on ne peut y boire,

Sous l’œil plein de questions – en somme inquisitoire –

De l’aigle de raison au bec de pur ivoire

L’homme comme les autres cherche un exutoire

En des chants déchaînés à voie expiatoire,

L’air y est si brûlant que l’on ne peut y voir

Et des cris déchirants venant des abattoirs

Couvrent de leur bruyant les uniques dortoirs,

Berceuse apaisante pour épris d’illusoire,

Il est de ces chimères aux dents blanc rasoir

Que, malgré tous les dieux et paroles des Moires,

Dévots ou sceptiques se refusent à croire

Préférant se cacher de leurs peurs dérisoires

Dans une infinité de portes et couloirs;

Alors quand toi, lecteur, arrivera ton soir,

Quand tu me rejoindras au bout de ce couloir,

Quand je t’accueillerai dans mon humble boudoir

Un grand sourire aux lèvres et l’œil plein d’espoir

Me laisseras-tu t’offrir quelque philtre à boire

Et me conteras-tu ta belle et triste histoire ?

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Le saviez-tu ? Une écumoire (nom féminin) est un ustensile, le plus souvent de cuisine, servant à enlever l’écume, les impuretés. Je voulais en faire l’une de mes dernières rimes mais je n’ai trouvé d’endroit où la placer…

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Originellement

[Les éphémères fleuves, éternels de mémoire,]

et

[Apaisante berceuse pour épris d’illusoire,]

formes modifiées pour des raisons de forme mais appréciées dans le style.